
Depuis vendredi, OpenAI fait face à une vague de critiques après la signature d’un accord avec le département américain de la Défense permettant le déploiement de ses modèles d’intelligence artificielle dans des réseaux gouvernementaux classifiés. L’entente, confirmée par le PDG Sam Altman, a rapidement déclenché un mouvement baptisé « Cancel ChatGPT » sur les réseaux sociaux, où des abonnés affirment résilier leur forfait en signe de protestation.
La controverse s’est amplifiée lorsque Anthropic, concepteur du robot conversationnel Claude, a refusé des conditions similaires, invoquant deux lignes rouges : l’interdiction de la surveillance de masse des citoyens américains et l’usage de l’IA pour des armes entièrement autonomes. Cette position lui a valu des tensions avec Washington, mais aussi un regain de sympathie en ligne.
Dans la foulée, Claude a atteint la première place des applications de productivité les plus téléchargées sur l’App Store d’Apple. Sur Reddit et X, des internautes publient des preuves de désabonnement et accusent OpenAI d’avoir franchi une ligne éthique.
OpenAI affirme pourtant que son contrat comporte davantage de garde-fous que les versions précédentes. L’entreprise soutient que ses modèles ne pourront pas être utilisés pour une surveillance domestique généralisée ni pour diriger de façon autonome des systèmes d’armes lorsque la loi exige un contrôle humain. Elle précise également conserver la maîtrise de son dispositif de sécurité et maintenir une supervision humaine dans les usages sensibles.
Les critiques demeurent sceptiques. Certains rappellent que des lois comme le Patriot Act autorisent, dans certains contextes, des programmes de collecte de données à grande échelle. D’autres soulignent que l’expression « all lawful purposes » incluse dans des ententes gouvernementales laisse place à des interprétations évolutives.
Au-delà du cas OpenAI, l’épisode met en lumière une fracture plus large au sein de l’industrie. Plus de 200 employés du secteur, selon Axios, ont signé une lettre ouverte appelant à des limites plus strictes sur l’usage militaire de l’intelligence artificielle. Le débat ne porte plus seulement sur les capacités des modèles, mais sur leurs frontières et sur la confiance du public envers les entreprises qui les développent.
Reste à voir si le mouvement « Cancel ChatGPT » s’inscrira dans la durée ou s’il s’agit d’une réaction ponctuelle. Une chose est certaine : l’IA n’est plus seulement un enjeu technologique. Elle devient un test de crédibilité éthique pour les entreprises qui aspirent à façonner les outils numériques de demain.
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J’ai eu ce réflexe en lisant sur la «soumission» de OpenAI au dangereux Pete Hegseth – je leur ai écrit à ce sujet. Bienheureux de constater dans votre chronique que je ne suis pas seul!
Ceci dit nous vivons dans un pays explicitement menacé d’envahissement par le Chef de l’État voisin. Nous devons protéger nos données et nos informations de cet envahisseur potentiel.
Il est plus que temps que nous puissions disposer d’un écosystème technologique et IA qui ne soient pas assujetti à la dominance américaine ou chinoise. Cette alternative existe-t-elle ou comment pourra-t-on y parvenir? J’apprécierais une ou des chroniques sur le sujet. J’apprécie beaucoup Mon Carnet et je vous lis assidûment. Bonne semaine