Pokémon recadre la Maison Blanche après l’usage politique d’un mème

La franchise Pokémon se retrouve malgré elle au cœur d’une controverse politique aux États-Unis. Le 5 mars 2026, le compte officiel de la Maison Blanche a publié sur le réseau social X un mème reprenant l’esthétique du nouveau jeu Pokémon Pokopia, accompagné du slogan « Make America Great Again ». L’image montrait notamment Pikachu, Magicarpe et Roucool, avec une typographie directement inspirée du jeu lancé le même jour sur la Nintendo Switch 2.

La réaction de The Pokémon Company ne s’est pas fait attendre. Sa porte-parole, Sravanthi Dev, a indiqué au New York Times que l’entreprise n’avait « pas participé à la création ou à la distribution de ce contenu ». Elle a également précisé qu’aucune autorisation n’avait été donnée pour l’utilisation de la propriété intellectuelle de la franchise.

L’entreprise japonaise rappelle que la mission de Pokémon est de « rassembler le monde » et que cette mission « n’est affiliée à aucun point de vue ou programme politique ». Un message clair visant à maintenir la franchise à distance de toute récupération partisane, alors que Pokémon reste l’une des marques de divertissement les plus populaires et les plus transgénérationnelles au monde.

Ce n’est pas la première fois que l’administration Trump utilise l’univers Pokémon dans sa communication. En septembre 2025, le Département de la Sécurité intérieure avait publié une vidéo reprenant le célèbre slogan « Attrapez-les tous », détourné pour illustrer des arrestations menées par l’ICE et la police des frontières. Des cartes Pokémon montraient alors les visages de personnes arrêtées, accompagnées de leurs crimes présumés. The Pokémon Company avait déjà exprimé son désaccord à l’époque.

Du côté de la Maison Blanche, la stratégie ne semble pas appelée à changer. Le porte-parole Kaelan Dorr a répondu sur X en citant un article de 2016 dans lequel Hillary Clinton évoquait Pokémon Go pour encourager les jeunes électeurs à voter. Dans un message adressé ironiquement à Pikachu, il a demandé pourquoi cette référence politique n’avait pas suscité la même réaction.

Dans la foulée, un autre montage représentant Donald Trump sous forme de carte Pokémon a été publié. La porte-parole Abigail Jackson défend ce type de contenus, qu’elle décrit comme des « mèmes engageants » permettant de diffuser l’agenda du président auprès d’un public plus large.

La polémique survient alors que Pokémon Pokopia connaît un lancement très remarqué sur Nintendo Switch 2, avec un accueil critique favorable et de solides ventes initiales. Pour The Pokémon Company, l’utilisation non autorisée de son univers à des fins politiques tombe au pire moment, en pleine phase de promotion mondiale du jeu.

L’entreprise n’a pas indiqué pour l’instant si elle envisage une action judiciaire. Mais l’épisode illustre une tendance plus large : l’utilisation croissante de références issues de la culture vidéoludique dans la communication politique, notamment pour toucher un public plus jeune et très présent sur les réseaux sociaux.

Source : NY Times

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