ByteDance freine le lancement mondial de son IA vidéo sous pression d’Hollywood

Le groupe chinois ByteDance a suspendu le lancement mondial de son nouveau modèle de génération vidéo par intelligence artificielle, Seedance 2.0, après une série de protestations juridiques provenant de grands studios hollywoodiens et de plateformes de diffusion. Selon des informations rapportées par les journalistes Juro Osawa et Qianer Liu le 14 mars 2026, l’entreprise examine actuellement les risques liés aux droits d’auteur avant d’aller plus loin.

Le modèle, lancé en Chine le mois dernier, a rapidement attiré l’attention sur les réseaux sociaux grâce à la qualité très réaliste de ses vidéos. Certaines séquences devenues virales montraient par exemple des célébrités comme Brad Pitt et Tom Cruise dans une scène de combat fictive, ou encore des personnages populaires tels que Darth Vader et Deadpool dans un duel spatial.

Ces démonstrations ont toutefois provoqué une réaction immédiate des studios américains. Des entreprises comme Disney, Warner Bros. Discovery, Paramount Skydance et Netflix ont envoyé des lettres juridiques à ByteDance pour dénoncer l’utilisation non autorisée de personnages et d’œuvres protégées par le droit d’auteur.

Le président de la Motion Picture Association, Charles Rivkin, a affirmé que Seedance 2.0 utilisait des œuvres protégées « à grande échelle » sans autorisation. Les studios demandent à ByteDance de mettre en place des mécanismes empêchant la génération de contenus impliquant des personnages ou des images appartenant à leurs catalogues.

Face à ces critiques, ByteDance a décidé de revoir son calendrier. Les équipes juridiques analysent les risques potentiels tandis que les ingénieurs travaillent à ajouter des garde-fous techniques afin d’empêcher la création de contenus susceptibles de violer des droits de propriété intellectuelle.

En Chine, la société a déjà introduit un système de modération automatisée pour filtrer certaines demandes. Toutefois, plusieurs utilisateurs payants se sont plaints que ces filtres bloquent aussi des requêtes légitimes, même lorsqu’elles ne semblent pas liées à des œuvres protégées.

Du côté des entreprises, l’accès au modèle reste très restreint. Selon deux fondateurs de jeunes pousses chinoises en discussion avec ByteDance, les clients intéressés doivent s’engager à dépenser au moins 10 millions de yuans, soit environ 1,45 million de dollars, simplement pour entrer dans la phase de négociation d’un contrat d’utilisation.

Malgré ces difficultés, l’épisode souligne la rapidité avec laquelle les laboratoires chinois progressent dans la génération vidéo par IA. Des modèles comme Kling de Kuaishou, la série Wan d’Alibaba ou PixVerse rivalisent désormais dans les classements spécialisés avec les solutions américaines comme Veo de Google ou Grok de xAI.

Pour ByteDance, la question n’est donc plus seulement technologique, mais aussi juridique. Tant que l’entreprise ne sera pas en mesure de garantir que ses modèles respectent les droits d’auteur et l’image des célébrités, le lancement mondial de Seedance 2.0 restera en suspens.

Source : The Information

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