
Une série de vidéos de dépositions liées à l’organisation DOGE, retirées de YouTube sur ordre d’un juge américain, circule désormais largement sur Internet. Les enregistrements, devenus viraux après leur publication initiale, ont été copiés et diffusés sur plusieurs plateformes d’archivage et réseaux de partage de fichiers, rendant leur suppression presque impossible.
Les vidéos proviennent d’une procédure judiciaire opposant plusieurs organisations académiques américaines, dont la Modern Language Association et l’American Historical Association, au National Endowment for the Humanities. Ces groupes contestent des coupes budgétaires importantes dans des programmes de subventions. Durant les dépositions, deux membres de DOGE, Justin Fox et Nate Cavanaugh, expliquent notamment comment ils ont utilisé ChatGPT pour analyser des demandes de financement et identifier des projets à supprimer.
Certains extraits ont rapidement attiré l’attention du public. On y voit notamment des responsables incapables ou refusant de définir le terme DEI, acronyme pour diversité, équité et inclusion. D’autres passages évoquent l’usage de mots-clés comme « black » ou « homosexual » pour signaler des subventions à éliminer, alors que des termes comme « white » ou « caucasian » n’auraient pas été utilisés dans ce processus.
La diffusion massive de ces extraits a poussé les avocats du gouvernement à demander le retrait des vidéos, affirmant que leur publication exposait les témoins et leurs familles à du harcèlement et à des menaces. Dans un document judiciaire, les représentants de l’État affirment notamment que Justin Fox aurait reçu plusieurs menaces de mort depuis la mise en ligne des dépositions.
La juge fédérale Colleen McMahon a alors ordonné aux plaignants de retirer les vidéos et de prendre toutes les mesures possibles pour les récupérer. Les enregistrements ont été retirés de la chaîne YouTube où ils avaient été publiés, mais cette décision est arrivée trop tard pour empêcher leur diffusion.
Au cours du week-end suivant l’ordonnance, les fichiers ont été sauvegardés sur plusieurs plateformes, dont l’Internet Archive, et partagés sous forme de torrent par des internautes. Une fois qu’un fichier circule via un réseau décentralisé de ce type, il devient extrêmement difficile, voire impossible, d’en contrôler totalement la circulation.
Cette affaire illustre ce que l’on appelle souvent l’« effet Streisand », un phénomène par lequel une tentative de suppression d’une information attire davantage l’attention sur celle-ci et accélère sa diffusion. Dans ce cas précis, une procédure judiciaire destinée à limiter la propagation de ces vidéos semble avoir contribué à les rendre encore plus accessibles.
Une audience doit se tenir dans les prochains jours pour déterminer la suite de la procédure. Entre-temps, l’affaire dépasse désormais la simple controverse politique et devient un exemple concret des limites du contrôle de l’information à l’ère des archives numériques et des réseaux de partage distribués.
Source : 404 Media
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