
Fitbit franchit une nouvelle étape dans l’intégration de l’intelligence artificielle à la santé connectée. Son robot conversationnel « Personal Health Coach », actuellement en phase de test public, s’enrichit de deux évolutions majeures, un suivi du sommeil plus précis et l’intégration des dossiers médicaux pour affiner les recommandations.
Sur le plan du sommeil, Google annonce une amélioration notable des performances. Le nouvel algorithme offrirait une hausse de 15 % de la précision dans l’identification des phases de sommeil, selon des comparaisons internes entre les anciennes et nouvelles versions. Concrètement, le système distingue mieux les moments où l’utilisateur est réellement endormi de ceux où il est simplement au repos, par exemple en lisant ou en se détendant.
Cette amélioration repose sur l’ajout de nouvelles données d’entraînement et permet une analyse plus fine des siestes, des interruptions nocturnes et des transitions entre les cycles de sommeil. Le score de sommeil, déjà central dans l’écosystème Fitbit, sera progressivement ajusté pour tenir compte non seulement de la durée du repos, mais aussi du temps nécessaire pour s’endormir, un indicateur souvent négligé.
Ces fonctionnalités sont réservées aux abonnés Fitbit Premium participant à la version préliminaire du service. Leur déploiement est en cours et devrait s’étaler sur plusieurs semaines, le temps de collecter suffisamment de տվյալներ pour générer des conseils personnalisés.
L’autre évolution majeure concerne l’intégration des dossiers médicaux. Dès avril aux États-Unis, les utilisateurs pourront connecter leurs données de santé, incluant résultats de laboratoire, traitements et historique de consultations. Cette connexion s’effectue via les plateformes b.well et CLEAR, avec une authentification renforcée basée sur une pièce d’identité et une vérification biométrique.
L’objectif est de donner au robot conversationnel une vision plus complète de l’état de santé. Plutôt que de proposer des recommandations génériques, l’outil pourra contextualiser ses conseils. Google évoque notamment le cas du cholestérol, où l’IA pourra analyser les résultats médicaux, suivre leur évolution et suggérer des ajustements adaptés au profil de l’utilisateur.
Dans les mois suivants, Fitbit prévoit aussi de permettre le partage de ces données sous forme de résumé, via code QR ou lien sécurisé, avec un professionnel de santé ou un proche. Parallèlement, l’entreprise explore l’intégration d’autres sources de données, notamment les capteurs de glucose en continu compatibles avec Health Connect, afin de relier activité physique, alimentation et glycémie.
Google insiste sur les mécanismes de protection de la vie privée. Les données médicales seraient chiffrées, contrôlées par l’utilisateur et exclues de toute utilisation publicitaire. Malgré ces garanties, des experts rappellent que l’usage d’outils d’IA dans le domaine de la santé doit rester encadré et ne peut remplacer un diagnostic médical.
Avec ces ajouts, Fitbit s’inscrit dans une tendance plus large, celle d’une médecine personnalisée assistée par l’IA, où les objets connectés ne se contentent plus de mesurer, mais commencent à interpréter et à conseiller. Reste à voir si les utilisateurs accepteront de confier des données aussi sensibles en échange de recommandations plus ciblées.
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