
Fortnite demeure un poids lourd du jeu vidéo, mais certains signaux laissent croire que son influence culturelle n’est plus aussi dominante qu’elle l’a déjà été. C’est la thèse défendue par Joost van Dreunen, analyste de l’industrie, qui voit dans les récents licenciements chez Epic Games un symptôme plus large d’un repositionnement du marché du divertissement interactif. Dans son billet publié le 31 mars, il soutient que le phénomène Fortnite n’occupe plus la même place centrale qu’auparavant dans l’imaginaire populaire.
Cette lecture s’appuie d’abord sur des faits bien réels. Le 24 mars 2026, Epic Games a annoncé le licenciement de plus de 1 000 employés. Dans une note adressée au personnel, le studio explique que le recul de l’engagement autour de Fortnite, amorcé en 2025, a entraîné une situation où l’entreprise dépense davantage qu’elle ne génère de revenus. Epic dit également avoir identifié plus de 500 millions de dollars d’économies supplémentaires dans ses dépenses de sous-traitance, de marketing et dans certains postes ouverts.
Pour Joost van Dreunen, cette annonce confirme que Fortnite n’est plus dans une logique de croissance durable. Il estime que la base d’utilisateurs du jeu stagne depuis plusieurs années et que les grands partenariats, notamment avec Disney et LEGO, n’ont pas permis de relancer durablement l’élan. Son constat est sévère, mais il mérite attention, car il touche un point sensible de l’industrie : même les titres dits « permanents » finissent par montrer des signes d’usure.
L’argument repose aussi sur une comparaison avec Roblox. Van Dreunen soutient que Roblox profite davantage de la créativité directe de ses utilisateurs, là où Fortnite demeure plus encadré par les univers et les codes définis par Epic et ses partenaires. Roblox affiche d’ailleurs une forte progression. L’entreprise a indiqué avoir atteint 111,8 millions d’utilisateurs actifs quotidiens au quatrième trimestre de 2025, en hausse de 41 % sur un an, tout en reconnaissant qu’elle n’est toujours pas rentable.
Cela dit, il faut nuancer. Parler d’un déclin ne veut pas dire disparition. Fortnite reste une marque mondiale extrêmement puissante, capable de fédérer des millions de joueurs, de multiplier les collaborations majeures et de servir de vitrine à la stratégie d’Epic dans les univers immersifs. Disney a d’ailleurs investi 1,5 milliard de dollars dans Epic en 2024 pour bâtir un univers de divertissement connecté à Fortnite, signe que les partenaires continuent de croire au potentiel de la plateforme.
La question n’est sans doute pas de savoir si Fortnite est fini, mais plutôt s’il est en train de changer de statut. Le jeu ne semble plus être l’épicentre incontesté de la culture vidéoludique comme il a pu l’être à son apogée. Il demeure colossal, mais dans un marché où l’attention se fragmente, où les coûts explosent et où les joueurs veulent de plus en plus créer eux-mêmes leurs expériences, conserver une position dominante devient beaucoup plus difficile. C’est ce glissement, plus que la chute brutale, que met en lumière l’analyse de van Dreunen.
Source : Superjoost
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