
Au moment où les marques multiplient les usages de l’intelligence artificielle, une nouvelle étude de YouGov et Meltwater envoie un message sans ambiguïté : au Canada comme en France, la transparence n’est plus une option. Le rapport indique que 86 % des répondants dans chacun des deux pays jugent important qu’un contenu généré par l’IA soit clairement signalé
Cette attente repose sur un climat de méfiance bien réel. Dans le cas canadien, le communiqué de presse mettait déjà en évidence une forte inquiétude face à l’essor de l’IA dans la vie quotidienne. Le rapport montre aussi qu’au Canada 66 % des répondants pensent pouvoir reconnaître un contenu généré par l’IA, contre seulement 48 % en France, ce qui suggère un niveau de confiance nettement plus élevé ici qu’outre-Atlantique
Mais cette confiance relative ne change pas le fond du problème. Dans les sept marchés étudiés, 87 % des répondants disent craindre qu’il devienne difficile de distinguer ce qui est réel de ce qui est fabriqué par l’IA, et le rapport rappelle que les préoccupations liées à la désinformation, aux arnaques et aux contenus trompeurs demeurent très élevées Pour les marques, cela signifie qu’utiliser l’IA sans l’indiquer clairement risque d’alimenter encore davantage le doute.
Le Canada et la France se rejoignent aussi sur le terrain de la régulation. Les deux pays affichent exactement le même niveau d’appui à un encadrement gouvernemental plus fort sur l’usage et la divulgation de l’IA générative, soit 86 % des répondants Ce chiffre montre que, des deux côtés de l’Atlantique, le public ne veut pas seulement de la bonne volonté de la part des entreprises, mais aussi des règles du jeu plus claires.
La différence entre les deux marchés apparaît toutefois lorsqu’on regarde le rapport à l’IA dans l’information. En France, 30 % des répondants jugent acceptable l’usage de l’IA dans les contenus journalistiques, contre 26 % au Canada L’écart reste modeste, mais il montre que les Français se révèlent légèrement plus ouverts à l’idée d’un journalisme assisté par l’IA. Cela dit, dans les deux pays, une majorité continue de rejeter cette perspective, preuve que la crédibilité de l’information demeure étroitement liée à l’intervention humaine.
Autre point intéressant, la France fait partie des marchés où certaines inquiétudes sont un peu moins fortes que dans d’autres pays, notamment sur les pertes d’emplois créatifs ou sur la difficulté à distinguer les contenus humains des contenus générés par l’IA. Mais cette nuance ne doit pas masquer l’essentiel : la majorité des répondants français, comme des Canadiens, reste préoccupée par les usages trompeurs ou opaques de l’IA
On peut aussi lire ces résultats comme un avertissement pour les services de communication et les agences. Pendant des années, la rapidité de production a souvent été présentée comme l’un des grands avantages de l’IA générative. Or, l’étude rappelle qu’à l’échelle des sept marchés, 71 % des répondants jugent les contenus générés par l’IA moins authentiques et 76 % les trouvent moins personnels Autrement dit, le gain d’efficacité ne suffit pas à lui seul à créer de la confiance.
La méthodologie donne du poids à ces résultats. L’enquête YouGov a été menée en ligne du 26 février au 5 mars 2026 auprès de 9 869 adultes dans sept marchés, avec au moins 1 050 répondants par pays, dont le Canada et la France. À cela s’ajoute une analyse de Meltwater fondée sur plus de 150 millions de mentions en ligne liées à l’IA générative sur douze mois
Conclusion, le message venu du Canada et de la France est semblable : l’IA peut avoir sa place dans les communications, le marketing et certains contenus, mais pas à visage couvert. Pour les entreprises, l’enjeu n’est plus seulement d’utiliser l’IA efficacement. Il est de le faire ouvertement.
Source : YouGov
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