
Meta ajoute un nouveau fournisseur stratégique à son arsenal technologique. Selon Bloomberg, le groupe de Mark Zuckerberg a conclu avec Amazon une entente pluriannuelle de plusieurs milliards de dollars afin d’utiliser les processeurs Graviton d’AWS pour ses besoins en intelligence artificielle.
L’accord ne porte pas sur les puces les plus médiatisées de la course à l’IA, soit les GPU de Nvidia ou les accélérateurs spécialisés comme Trainium. Il concerne plutôt les processeurs centraux, les CPU, qui jouent un rôle essentiel dans l’infrastructure entourant les modèles d’IA. Amazon affirme que Meta déploiera des dizaines de millions de cœurs Graviton, avec possibilité d’expansion, ce qui ferait de Meta l’un des plus importants clients de cette famille de puces.
La nuance est importante. Les grands modèles d’intelligence artificielle sont généralement entraînés sur des GPU ou des accélérateurs spécialisés, capables d’absorber des charges massives de calcul parallèle. Mais une fois les modèles entraînés, une grande partie du travail se déplace vers l’inférence, c’est-à-dire la génération de réponses, l’exécution de requêtes, l’orchestration de tâches et, de plus en plus, le fonctionnement d’agents capables de raisonner, de planifier ou de produire du code.
C’est précisément ce terrain qu’Amazon met de l’avant. Dans son communiqué, AWS explique que les GPU demeurent essentiels à l’entraînement des grands modèles, mais que la montée de l’IA agentique crée une demande importante pour des charges de travail très dépendantes des CPU. Meta reprend le même argument : aucune architecture de puce ne peut servir efficacement tous les usages, d’où l’intérêt d’un portefeuille diversifié.
Pour Amazon, cette entente représente aussi une validation de sa stratégie maison. Les processeurs Graviton, conçus par Annapurna Labs, l’unité de puces acquise par Amazon en 2015, sont devenus centraux dans les centres de données d’AWS. Andy Jassy a récemment affirmé que l’activité liée aux puces internes d’Amazon était en voie de générer 20 milliards de dollars de revenus annuels, selon Bloomberg.
Pour Meta, l’accord s’inscrit dans une stratégie d’approvisionnement tous azimuts. L’entreprise a déjà conclu de grandes ententes avec Nvidia et AMD, travaille avec Google sur des TPU et poursuit le développement de ses propres puces MTIA. Le but est clair : réduire la dépendance à un seul fournisseur, contrôler davantage les coûts et disposer de la bonne puce pour le bon type de charge.
Ce mouvement confirme une évolution plus large du marché de l’IA. La bataille ne se limite plus à l’achat de GPU Nvidia, même si ceux-ci demeurent incontournables. Les grands acteurs technologiques construisent maintenant des architectures plus complexes, combinant GPU, accélérateurs spécialisés, CPU maison et puces internes. L’IA devient une affaire de modèles, mais aussi de plomberie informatique à très grande échelle.
L’entente entre Meta et Amazon illustre donc une nouvelle phase de la course à l’IA. Après la ruée vers les modèles, puis la ruée vers les GPU, voici celle de l’optimisation de l’infrastructure. Dans ce domaine, chaque watt, chaque cœur de processeur et chaque partenariat cloud peuvent peser lourd. Pour Amazon, c’est une vitrine majeure pour Graviton. Pour Meta, c’est une pièce de plus dans une stratégie qui vise à ne jamais dépendre d’un seul fournisseur pour alimenter ses ambitions en IA.
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