Qualcomm veut entrer dans les centres de données par la porte des géants de l’industrie

Qualcomm prépare une entrée plus affirmée dans le marché très convoité des centres de données. L’entreprise de San Diego a révélé qu’elle travaille avec un grand hyperscaler, dont l’identité n’a pas été dévoilée, afin de fournir du silicium personnalisé destiné à des infrastructures de calcul à grande échelle. Les premières livraisons sont attendues plus tard cette année, selon les informations communiquées par Qualcomm lors de la présentation de ses résultats trimestriels.

Cette annonce marque un tournant stratégique pour Qualcomm, historiquement associée aux puces pour téléphones intelligents et aux technologies mobiles. Le marché des centres de données est aujourd’hui dominé par Nvidia dans l’IA, mais il attire aussi AMD, Intel, Broadcom, Marvell et plusieurs concepteurs de puces personnalisées. Pour Qualcomm, l’enjeu est clair : diversifier ses revenus au-delà du mobile et s’inscrire dans la demande croissante en calcul spécialisé pour l’intelligence artificielle.

Cristiano Amon, le PDG de Qualcomm, a donné peu de détails sur le client concerné, mais il a parlé d’un engagement à long terme et de plusieurs générations de produits. Qualcomm promet d’en dire davantage lors de sa journée investisseurs prévue le 24 juin 2026 à New York, où l’entreprise doit présenter ses ambitions dans les centres de données et ce qu’elle appelle la « physical AI », soit l’IA appliquée aux appareils, aux véhicules, aux robots et aux environnements industriels.

L’annonce a fortement retenu l’attention des marchés. Selon le Wall Street Journal, l’action Qualcomm a bondi en après-Bourse, même si les prévisions pour le trimestre en cours étaient inférieures aux attentes de Wall Street. Les investisseurs semblent avoir surtout retenu le potentiel d’une nouvelle activité dans le calcul de centre de données, un secteur où les contrats avec les grands fournisseurs infonuagiques peuvent peser lourd.

Les résultats financiers publiés le 29 avril montrent aussi pourquoi Qualcomm cherche à élargir son terrain de jeu. Pour son deuxième trimestre fiscal 2026, l’entreprise a déclaré des revenus de 10,6 milliards de dollars américains et un bénéfice ajusté de 2,65 dollars par action. Qualcomm souligne une progression combinée de 20 % de ses revenus dans l’automobile et l’Internet des objets, tandis que le segment des téléphones intelligents demeure plus difficile.

Ce déplacement vers les centres de données n’est pas sans risque. Qualcomm arrive dans un marché déjà très compétitif, où les hyperscalers développent de plus en plus leurs propres puces ou travaillent avec des partenaires spécialisés. Amazon, Google et Microsoft ont tous investi dans du matériel conçu pour leurs besoins internes. Qualcomm devra donc démontrer que son expertise en calcul à faible consommation, en connectivité et en conception de systèmes peut se traduire en avantage dans les infrastructures d’IA.

Le signal est néanmoins important. Qualcomm ne veut plus seulement être perçue comme un acteur du téléphone intelligent, même si ce marché demeure central pour l’entreprise. Elle veut devenir un fournisseur de calcul pour plusieurs environnements : véhicules, objets connectés, PC, appareils personnels, robots et maintenant centres de données. En d’autres mots, Qualcomm tente de relier le calcul embarqué, le calcul mobile et le calcul infonuagique dans une même stratégie.

La prochaine étape sera donc la journée investisseurs de juin. C’est là que Qualcomm devra préciser la nature de son partenariat, l’ampleur des livraisons prévues et la place réelle qu’elle espère prendre dans l’infrastructure mondiale de l’IA. Pour l’instant, l’entreprise a surtout envoyé un message au marché : elle veut sa part du centre de données, et elle affirme avoir déjà un premier grand client pour commencer.

Source : wsj

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