Musk a tenté une ouverture de règlement avant le procès contre OpenAI

Deux jours avant l’ouverture du procès qui l’oppose à OpenAI, Elon Musk aurait envoyé un message à Greg Brockman, président de l’entreprise, pour sonder son intérêt envers un règlement à l’amiable. Selon un dépôt judiciaire cité par CNBC et Reuters, l’échange a eu lieu juste avant le début des audiences devant la cour fédérale d’Oakland, en Californie. La démarche ajoute un nouvel élément à un procès déjà très suivi dans l’industrie de l’intelligence artificielle.

L’affaire remonte à 2024, lorsque Musk a poursuivi OpenAI, Sam Altman et Greg Brockman. Il leur reproche d’avoir trahi la mission originale de l’organisation, fondée en 2015 comme organisme à but non lucratif consacré au développement d’une intelligence artificielle bénéfique pour l’humanité. Selon Musk, OpenAI aurait progressivement abandonné cet engagement en créant une structure commerciale et en développant un partenariat majeur avec Microsoft.

Le message dévoilé par les avocats d’OpenAI pourrait peser dans la perception du jury. D’après le dépôt judiciaire, Brockman aurait répondu à Musk en suggérant que les deux camps abandonnent leurs réclamations respectives. Musk aurait alors répliqué que Brockman et Altman deviendraient, avant la fin de la semaine, « les hommes les plus détestés d’Amérique » s’ils insistaient pour poursuivre. OpenAI veut faire admettre ce message en preuve, estimant qu’il montre une motivation personnelle et concurrentielle.

L’argument d’OpenAI est clair : Musk ne chercherait pas seulement à défendre la mission initiale de l’organisation, mais aussi à attaquer un rival direct. Depuis son départ du conseil d’administration d’OpenAI en 2018, Musk a fondé xAI, sa propre entreprise d’intelligence artificielle. Cette rivalité commerciale donne au procès une dimension plus large que le seul débat sur la gouvernance d’un organisme à but non lucratif.

La première semaine du procès a été dominée par le témoignage d’Elon Musk. Il a répété qu’OpenAI et ses dirigeants avaient tenté de « voler une œuvre caritative », une formule qui résume sa thèse centrale. Il soutient que les dons qu’il a versés aux débuts de l’organisation, environ 38 millions de dollars américains selon CNBC, ont été utilisés à des fins commerciales qu’il juge incompatibles avec l’intention de départ.

OpenAI rejette ces accusations, qu’elle qualifie de sans fondement. L’entreprise affirme que sa transformation commerciale était nécessaire pour financer le développement de modèles d’IA de pointe, dans un secteur où les coûts de calcul, de recherche et d’infrastructure sont gigantesques. Elle soutient aussi que Musk avait lui-même envisagé différentes structures commerciales lorsqu’il était encore associé au projet.

Le procès met donc en scène deux visions opposées de l’IA. Pour Musk, OpenAI aurait rompu un pacte moral en se rapprochant de Microsoft et en valorisant ses activités commerciales. Pour OpenAI, l’organisation a évolué pour survivre dans une course technologique mondiale dominée par des besoins financiers considérables. Entre les deux, la cour devra déterminer si les engagements initiaux d’OpenAI avaient une portée juridique contraignante.

Au-delà du conflit personnel entre Musk, Altman et Brockman, l’affaire pose une question centrale pour tout le secteur : jusqu’où une organisation née avec une mission d’intérêt public peut-elle se transformer lorsqu’elle devient un acteur industriel majeur ? La réponse pourrait influencer la manière dont les entreprises d’IA structurent leurs engagements, leurs partenariats et leurs promesses envers le public.

Source : CNBC, Business Insider

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