
L’intelligence artificielle devait alléger les tâches, accélérer le travail et libérer du temps pour des activités à plus forte valeur ajoutée. Dans les faits, son utilisation peut parfois produire l’effet inverse. Selon ZDNET, des recherches citées par la Harvard Business Review indiquent que l’IA peut intensifier le rythme de travail, augmenter la pression sur les employés et provoquer une forme de fatigue cognitive.
Le problème ne vient pas seulement de la technologie, mais de la manière dont elle est intégrée dans les organisations. Plusieurs employés doivent maintenant démontrer qu’ils utilisent l’IA efficacement, sans toujours recevoir les outils, les balises ou la formation nécessaires. Résultat : au lieu de travailler plus intelligemment, certains travaillent simplement plus vite, avec davantage de tâches à traiter et plus de contenus à vérifier.
Un des premiers conseils consiste à limiter le nombre d’outils utilisés. Le marché regorge de services d’IA, mais tous ne sont pas utiles dans un contexte professionnel précis. Alex Read, responsable produit chez EDF UK, explique à ZDNET qu’il faut se concentrer sur les outils qui créent une réelle valeur dans son rôle. Tout ce qui sort de ce cadre devient rapidement du bruit.
Cette prudence est partagée par Nick Pearson, de Ricoh Europe. L’IA générative peut produire beaucoup de documents, de stratégies ou de résumés en peu de temps, mais la quantité ne garantit pas la qualité. Les modèles peuvent générer des textes convaincants, sans pour autant offrir le jugement humain nécessaire, qu’il soit éthique, stratégique ou opérationnel.
Le deuxième enjeu est celui des règles d’utilisation. La Harvard Business Review recommande aux entreprises de mettre en place une véritable « pratique IA », c’est-à-dire un ensemble de normes, de standards et de méthodes pour encadrer l’usage de ces outils. Chez EDF UK, un centre d’excellence interne aide les différentes unités d’affaires à évaluer les projets d’IA, notamment sous l’angle de la sécurité, de la réglementation, de l’éthique et de la réutilisation des solutions.
Enfin, les professionnels doivent apprendre à mieux encadrer les résultats produits par l’IA. Louise Newbury-Smith, de Zoom, recommande de formuler des demandes plus précises. Par exemple, plutôt que de demander à l’IA tout ce qu’elle sait sur un sujet, mieux vaut lui demander les trois éléments les plus importants ou les trois impacts les plus significatifs. Cette méthode réduit le volume d’information inutile et permet de garder le contrôle sur le résultat.
Le message de fond est simple : l’IA ne remplace pas le jugement. Elle peut accélérer certaines tâches, mais elle peut aussi créer plus de travail si elle est utilisée sans méthode. Comme le rappelle Bernhard Seiser, de AOP Health, il ne sert à rien de générer des courriels de plusieurs pages pour ensuite demander à ChatGPT de les résumer. L’IA peut être un outil précieux, à condition de savoir quand l’utiliser, pourquoi l’utiliser et surtout quand s’arrêter.
Source : zdnet
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