
Les téléphones pliables ont beau gagner en popularité, ils demeurent encore loin de faire l’unanimité. Après plusieurs années de commercialisation, ces appareils continuent de séduire par leur promesse d’un grand écran dans un format compact. Mais les propriétaires soulèvent toujours les mêmes irritants : autonomie limitée, fragilité de la charnière, pli visible à l’écran et durabilité incertaine.
Selon TechRT, les livraisons mondiales de téléphones pliables devraient progresser d’environ 20 % en 2026. Le marché pourrait aussi profiter de l’arrivée attendue d’un premier iPhone pliable, un scénario qui relancerait l’intérêt pour cette catégorie encore très haut de gamme. Samsung, de son côté, pousse déjà plus loin le concept avec le Galaxy Z TriFold, un modèle à triple pli annoncé aux États-Unis à partir du 30 janvier 2026, avec un prix de départ de 2 899 $ US.
Mais derrière l’effet de nouveauté, les limites techniques demeurent bien présentes.
Le premier problème souvent cité est l’autonomie. Un téléphone pliable doit rester mince pour ne pas devenir trop encombrant une fois refermé. Cette contrainte laisse moins d’espace pour intégrer une grosse batterie. Or, ces appareils alimentent généralement de grands écrans, parfois plusieurs, ce qui accentue la consommation d’énergie. Résultat : malgré leur prix élevé, certains modèles peuvent offrir une autonomie moins rassurante que celle de téléphones traditionnels.
La charnière reste aussi un point sensible. C’est l’élément mécanique qui rend le concept possible, mais c’est également une pièce d’usure. Avec le temps, certains utilisateurs rapportent une charnière moins ferme, plus lâche ou plus vulnérable à la poussière, au sable et aux petites particules. Même si les fabricants ont beaucoup amélioré la conception depuis les premiers modèles, le pliable demeure plus complexe et plus fragile qu’un téléphone classique.
L’écran lui-même pose un autre défi. Pour se plier, il doit être plus souple qu’un écran traditionnel. Cette souplesse le rend aussi plus vulnérable aux marques, aux pressions et à l’usure. Plusieurs fabricants utilisent une pellicule protectrice spéciale, mais celle-ci peut se déformer, se décoller ou former des bulles avec le temps. Sur un appareil aussi coûteux, ce type de vieillissement peut rapidement devenir frustrant.
À cela s’ajoute le fameux pli au centre de l’écran. Il est moins visible sur les nouveaux modèles qu’au début de la catégorie, mais il n’a pas disparu. Certains utilisateurs s’y habituent très vite. D’autres ne cessent de le remarquer, surtout en faisant défiler du texte ou en regardant l’écran sous certains angles.
Les formats d’écran peuvent aussi compliquer l’expérience. Les téléphones pliables ne respectent pas toujours les proportions habituelles des téléphones ou des tablettes. Certaines applications, photos ou vidéos ne s’adaptent pas parfaitement à ces écrans plus hauts, plus larges ou carrés. C’est paradoxal, car l’un des grands arguments de vente du pliable est justement d’offrir plus d’espace d’affichage.
Et puis, il y a la valeur de l’appareil. Les téléphones pliables cachent un coût souvent oublié : leur perte de valeur fulgurante après l’achat. Selon une analyse de SellCell, les propriétaires de téléphones pliables perdent en moyenne 997,69 $ US en seulement 12 mois. C’est près de 400 $ US de plus que les acheteurs de téléphones intelligents traditionnels.
Le téléphone pliable n’est plus une simple curiosité technologique. C’est un segment en croissance, porté par Samsung, Motorola, Honor, Huawei et bientôt peut-être Apple. Mais il reste une catégorie de compromis. Pour certains utilisateurs, le grand écran justifie le prix et les contraintes. Pour d’autres, la batterie, la charnière et la fragilité de l’écran demeurent des obstacles trop importants.
Le pliable progresse, mais il n’a pas encore réglé son principal problème : il doit convaincre les consommateurs qu’il peut être aussi fiable qu’un téléphone classique.
Source : BGR, Techrt, sellcell
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