LinkedIn et X submergés par les textes générés par l’IA

Les contenus générés par intelligence artificielle ne se cachent plus seulement dans les fermes à clics ou les sites de faible qualité. Ils se retrouvent désormais au cœur des grandes plateformes sociales, là où les internautes passent réellement du temps.

Selon des données publiées par Pangram, une entreprise spécialisée dans la détection de textes générés par IA, jusqu’à 41 % des contenus longs vus par ses utilisateurs sur LinkedIn seraient entièrement générés par IA. Sur X, environ le tiers des longs contenus seraient aussi produits par IA. Reddit et Substack seraient moins touchés, avec environ un long contenu sur dix identifié comme généré par IA. Pangram précise que son analyse porte sur des contenus réellement affichés pendant la navigation de ses utilisateurs, et non seulement sur des pages indexées quelque part sur le web.

L’étude repose sur l’extension Chrome de Pangram, qui analyse en arrière-plan les textes consultés par les internautes. Les utilisateurs de l’extension devaient accepter de partager leurs résultats de navigation. L’entreprise affirme avoir analysé environ un million de publications vues sur LinkedIn, Medium, X, Reddit et Substack sur une période de deux mois.

Le constat le plus frappant concerne les contenus longs. Pangram a séparé les publications courtes, de 50 à 250 mots, des publications longues, de plus de 250 mots. Les textes longs sont beaucoup plus souvent associés à l’IA, ce qui n’est pas surprenant. Les outils d’IA générative sont particulièrement efficaces pour produire rapidement des textes structurés, professionnels, mais souvent très génériques.

LinkedIn arrive en tête. La plateforme représentait environ le tiers des contenus analysés, mais près des deux tiers des contenus détectés comme générés par IA, selon Pangram. L’entreprise y voit un paradoxe : les internautes semblent très disposés à laisser l’IA s’exprimer à leur place dans un environnement professionnel lié à leur véritable identité.

LinkedIn reconnaît d’ailleurs le problème. Dans une publication officielle datée du 4 juin 2026, la plateforme affirme vouloir réduire les contenus automatisés, génériques ou répétitifs, tout en maintenant que l’IA peut servir d’aide à la rédaction si le résultat reflète réellement la voix et les idées de la personne qui publie.

L’enjeu n’est pas seulement esthétique. Pour les lecteurs, ces textes imposent une forme de coût invisible : du temps perdu à lire des contenus qui ont l’apparence d’une réflexion humaine, mais qui peuvent être produits en série pour nourrir les algorithmes. Pour les plateformes, le risque est plus profond encore : une perte de confiance dans l’authenticité des échanges.

Il faut toutefois rester prudent. Aucun détecteur d’IA n’est infaillible. Pangram affirme travailler à réduire les faux positifs et estime son taux d’erreur à un niveau très faible, mais une détection automatique ne peut pas constituer une preuve absolue. Des chercheurs et plusieurs observateurs rappellent que les outils de détection varient beaucoup en qualité et peuvent se tromper, surtout lorsque des textes humains sont très formatés ou que des textes générés par IA ont été retravaillés.

Cette étude donne néanmoins un signal important. Le débat ne porte plus seulement sur la quantité de contenus générés par IA sur Internet. Il porte maintenant sur la quantité de contenus générés par IA que les internautes voient réellement au quotidien. Et sur ce point, les données de Pangram suggèrent que l’IA est déjà très présente dans les fils sociaux les plus populaires.

Pour les utilisateurs, la question devient donc moins « est-ce que ce texte a été écrit par une IA ? » que « est-ce que ce contenu m’apporte une idée, une expérience ou une information réellement utile ? » C’est probablement là que se jouera la prochaine bataille de crédibilité des réseaux sociaux.

Source : 404 media

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