
Bell a terminé la construction de sa première station canadienne au sol destinée à relier son réseau mobile aux satellites d’AST SpaceMobile. Située au Québec, l’installation doit éventuellement permettre à des téléphones intelligents standards de communiquer dans des régions où les réseaux terrestres ne sont pas accessibles.
Selon l’entreprise, la station a réussi ses premiers essais d’intégration pour la messagerie texte, les appels vocaux et vidéo ainsi que la transmission de données à large bande. Bell prévoit maintenant tester la diffusion vidéo en continu, les alertes publiques et des appareils liés à l’Internet des objets.
Cette installation servira de passerelle entre les satellites en orbite basse d’AST SpaceMobile et le réseau terrestre de Bell. Le signal d’un téléphone sera transmis à un satellite, puis acheminé vers la station au sol avant de rejoindre le réseau mobile traditionnel. La technologie est conçue pour fonctionner avec des appareils non modifiés, sans antenne ou composant satellitaire spécialisé.
Bell et AST SpaceMobile avaient déjà démontré cette capacité au Nouveau-Brunswick en 2025. Elles avaient alors réalisé un appel vocal 4G, un appel vidéo, de la messagerie texte, une transmission de données et une diffusion vidéo directement entre des satellites et un téléphone intelligent standard. Ces essais avaient été présentés comme une préparation au lancement d’un service canadien en 2026.
AST SpaceMobile exploite actuellement ses cinq premiers satellites commerciaux BlueBird et prévoit poursuivre le déploiement de satellites de nouvelle génération. L’entreprise affirme que son réseau doit offrir des services de voix, de vidéo, de messagerie et de données aux téléphones 4G et 5G existants. Le calendrier et la qualité réelle du service dépendront toutefois du nombre de satellites en orbite, des autorisations réglementaires, du spectre disponible et de la réussite des prochains essais.
Bell construit aussi des stations en Ontario, en Alberta et à Terre-Neuve-et-Labrador. L’entreprise affirme que cette infrastructure permettra de faire transiter au Canada les communications de sa clientèle et de conserver les données sur des installations situées au pays.
Le futur service vise notamment les communautés nordiques et rurales, les zones côtières, les routes isolées et les secteurs où la construction d’antennes terrestres est difficile. Il pourrait également servir aux interventions d’urgence, aux transports, à la surveillance environnementale ainsi qu’aux industries des ressources naturelles et de l’énergie.
Bell n’a pas précisé la date de mise en service commercial, les régions qui seront couvertes en premier, les appareils compatibles ni le prix du service. L’achèvement de la station québécoise représente donc une étape d’infrastructure importante, mais ne signifie pas encore que la connectivité satellitaire est offerte à l’ensemble de la clientèle.
Pendant ce temps, son concurrent Rogers offre déjà un service reposant sur le réseau Direct to Cell de Starlink. Lancé en 2025, Rogers Satellite permet aux appareils compatibles d’utiliser des applications adaptées comme WhatsApp, Messenger et Google Maps, notamment pour les appels par Internet. Le service est accessible à la clientèle d’autres fournisseurs au moyen d’une carte eSIM et coûte 15 dollars par mois, tandis que certains forfaits Rogers l’incluent temporairement sans frais ou à prix réduit.
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