
Sony Music Entertainment a déposé une nouvelle poursuite contre Udio, accusant l’entreprise d’intelligence artificielle d’avoir copié sans autorisation 30 117 enregistrements sonores afin d’entraîner ses modèles de génération musicale.
La plainte a été déposée le 20 juillet devant le tribunal fédéral du district sud de New York par Sony Music et neuf de ses maisons de disques affiliées, notamment Arista Records et LaFace Records. Sony réclame des dommages-intérêts et une ordonnance visant à empêcher Udio de continuer à utiliser ses œuvres protégées.
Cette nouvelle procédure découle directement d’une décision rendue à la fin du mois de juin. Le juge avait refusé à Sony l’autorisation d’ajouter plus de 30 000 titres à une première poursuite intentée en 2024. Cette affaire initiale demeure donc limitée à 333 enregistrements. Le tribunal avait toutefois précisé que Sony conservait le droit de présenter ses autres réclamations dans une procédure distincte, ce que l’entreprise vient de faire.
Sony affirme avoir découvert l’ampleur réelle de l’utilisation de son catalogue après avoir obtenu l’accès aux données d’entraînement d’Udio durant la phase de communication de la preuve. À l’aide de techniques d’empreintes audio, le groupe dit avoir trouvé des centaines de milliers de correspondances avec ses propres enregistrements.
Les 30 117 titres mentionnés dans la poursuite ne représenteraient ainsi qu’une petite partie du contenu qui aurait été utilisé. La liste comprend des œuvres provenant de plusieurs générations d’artistes, notamment « Hound Dog » d’Elvis Presley, « Say My Name » de Destiny’s Child et « As It Was » de Harry Styles.
Sony accuse également Udio d’avoir récupéré une partie de sa musique sur YouTube au moyen de l’outil YT-DLP, une pratique souvent appelée extraction de flux ou « stream ripping ». L’entreprise aurait ainsi contourné certaines mesures techniques mises en place par la plateforme pour empêcher le téléchargement direct des fichiers.
Udio ne nie pas avoir entraîné ses systèmes à partir d’un très grand nombre d’enregistrements, dont du contenu provenant de YouTube. L’entreprise soutient toutefois que cet usage est protégé par le principe américain de l’utilisation équitable, ou « fair use ». Cet argument, également invoqué par son concurrent Suno, demeure au cœur des procédures judiciaires opposant les entreprises d’IA aux détenteurs de droits musicaux.
Sony réclame jusqu’à 150 000 dollars américains pour chaque œuvre qui aurait été volontairement copiée. Si le tribunal accordait le montant maximal pour les 30 117 enregistrements, la somme théorique dépasserait 4,5 milliards de dollars américains. Ce calcul représente toutefois un plafond juridique et non une estimation réaliste du montant qui pourrait être accordé.
La poursuite réclame aussi jusqu’à 2 500 dollars pour chaque contournement présumé d’une mesure technologique de protection. Elle invoque la violation de droits sur des enregistrements publiés avant et après 1972, ainsi que la Digital Millennium Copyright Act.
Udio a conclu depuis 2025 des accords avec Universal Music Group et Warner Music Group, qui avaient participé à la première poursuite coordonnée par la Recording Industry Association of America. Sony demeure la seule des trois grandes maisons de disques à ne pas avoir conclu d’entente avec Udio.
Pour Sony, ces accords tardifs démontrent justement qu’Udio aurait dû obtenir des licences avant d’entraîner ses modèles. Udio considère plutôt que l’apprentissage de ses systèmes à partir d’œuvres existantes peut être légal, même sans autorisation préalable.
Aucune décision n’a encore été rendue sur le fond. Les affirmations concernant la copie des enregistrements, l’extraction depuis YouTube et le contournement de mesures techniques demeurent pour l’instant des allégations formulées par Sony dans sa plainte.
Source : Music Business Worldwide
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Un excellent texte avec un non respect des biens des autres et c’est un peut découragement de voir ça et n’inspire confiance. Merci beaucoup et bonne soirée