Galaxy Z Fold8 : Samsung réussit son téléphone pliable le plus séduisant

Samsung ne présente pas le Galaxy Z Fold8 comme le simple successeur du Fold7. Ce rôle revient maintenant au Z Fold8 Ultra. Le nouveau Fold8 adopte plutôt une silhouette plus courte et plus large, proche du format d’un passeport, qui cherche à réconcilier le téléphone compact et la petite tablette.

Le premier constat concerne son poids. À 201 grammes, le Fold8 est plus léger que plusieurs téléphones haut de gamme traditionnels, malgré ses deux écrans et son mécanisme pliable. Son écran extérieur de 5,5 pouces adopte un ratio 10:16, tandis que la dalle intérieure de 7,6 pouces passe au format 4:3. Cette configuration convient particulièrement bien à la lecture, aux photos, aux jeux et à la vidéo.

Une fois ouvert, l’appareil ressemble davantage à une petite tablette, l’idée d’un mini mini iPad me vient en tête, qu’à deux téléphones placés côte à côte. Le format 4:3 offre davantage d’espace pour consulter des sites Web, modifier des images, lire un document ou afficher plusieurs applications. Il réduit également une partie des bandes noires autour des contenus vidéo, même si les productions au format 16:9 n’occupent évidemment pas toute la surface.

Samsung a surtout corrigé l’un des défauts historiques des appareils pliables : la marque au centre de l’écran. Étant habitué maintenant à ne plus en voir en utilisant au quotidien un Pixel 10 Pro Fold de Google, j’étais heureux de voir que le constructeur coréen utilise maintenant une nouvelle structure appelée Flex Titanium, composée notamment de couches de titane sous la dalle. La pliure demeure visible sous certains angles, mais elle est beaucoup plus discrète et presque imperceptible au toucher.

Samsung mise aussi sur une meilleure résistance pour rassurer les acheteurs encore hésitants devant la fragilité perçue des appareils pliables. Le Galaxy Z Fold8 bénéficie d’une certification IP48 contre l’eau et certaines particules, ainsi que d’une charnière renforcée. Cela ne le rend pas aussi bien protégé contre la poussière qu’un téléphone traditionnel certifié IP68, mais l’appareil semble mieux préparé aux contraintes d’un usage quotidien.

Le téléphone est propulsé par le processeur Snapdragon 8 Elite Gen 5 pour Galaxy et fonctionne sous Android 17 avec l’interface One UI 9. Samsung propose 12 Go de mémoire vive avec les modèles de 256 ou 512 Go, et 16 Go avec la version de 1 To. La batterie peut être rechargée à 45 watts, une progression appréciable par rapport aux 25 watts des générations précédentes.

Côté autonomie, c’est suffisant pour une journée normale, mais beaucoup moins impressionnante lorsque la caméra, la connexion 5G et la luminosité maximale sont utilisées intensivement. Le gain provient notamment de l’adoption d’une batterie au silicium-carbone, une technologie qui permet d’augmenter la capacité énergétique sans alourdir considérablement l’appareil.

L’expérience logicielle demeure un autre avantage important de Samsung. One UI 9 permet d’afficher plusieurs applications simultanément, de déplacer facilement du contenu entre différentes fenêtres et d’utiliser l’écran intérieur comme un véritable espace de travail. Le format 4:3 se prête également bien à la retouche photo, au montage vidéo léger et à la consultation de documents, même si les utilisateurs principalement intéressés par le multitâche intensif pourraient préférer l’écran plus vaste du modèle Ultra.

Le Fold8 fait toutefois quelques concessions pour préserver sa finesse et son poids. Il possède deux appareils photo arrière de 50 mégapixels, un grand-angle et un ultra grand-angle, mais aucun téléobjectif. La qualité des images est au rendez-vous dans de bonnes conditions, mais les résultats se dégradent rapidement lorsque le zoom numérique est fortement sollicité.

Samsung propose néanmoins des fonctions avancées comme l’enregistrement vidéo LOG et l’application de tables de conversion colorimétrique directement dans la galerie. L’appareil peut aussi utiliser ses caméras arrière pour réaliser des selfies de meilleure qualité en affichant un aperçu sur l’écran extérieur. Cette souplesse constitue l’un des avantages pratiques du format pliable.

Le téléphone peut également être posé à moitié ouvert pour prendre une photo ou enregistrer une vidéo sans trépied. Cette position permet d’obtenir des cadrages inhabituels et de mieux exploiter l’appareil pour les appels vidéo ou la création de contenu. Le grand écran intérieur facilite ensuite la sélection et la retouche des images.

L’autre compromis se trouve directement dans son nouveau format. La largeur supplémentaire rend l’écran extérieur plus pratique pour lire ou regarder du contenu, mais elle peut aussi compliquer l’utilisation à une seule main. Après quelques jours d’utilisation, je trouve l’appareil légèrement moins confortable qu’un téléphone conventionnel plus étroit ou d’un pliable grand format.

Le bloc photo proéminent fait également osciller le Fold8 lorsqu’il est déposé sur une table. Ce détail peut sembler mineur, mais il devient rapidement perceptible si vous désirez utiliser l’appareil pour écrire, dessiner ou manipuler l’écran sans tenir l’appareil.

Le prix demeure enfin le principal obstacle. À partir de 2 399,99 dollars pour 256 GB, le Galaxy Z Fold8 reste un produit de luxe destiné aux utilisateurs qui accordent une réelle valeur à son grand écran intérieur. Il ne remplace pas automatiquement un téléphone traditionnel, mais il représente probablement la proposition pliable la plus équilibrée jamais conçue par Samsung.

Le Fold8 arrive aussi à un moment stratégique pour l’industrie. Plusieurs fabricants explorent désormais des appareils pliables plus courts et plus larges, un format également associé aux rumeurs entourant un éventuel iPhone pliable. En lançant dès maintenant un modèle de type passeport, Samsung cherche à démontrer qu’il maîtrise déjà cette catégorie et qu’il peut offrir plusieurs formats plutôt qu’un seul appareil destiné à tous les usages.

Avec son poids réduit, sa finesse, sa pliure beaucoup moins visible et son format inhabituel, le Fold8 montre que le téléphone pliable peut désormais séduire par son design plutôt que par sa seule prouesse technique. Son appareil photo limité, son ergonomie particulière et son prix élevé empêchent encore de parler de perfection, mais Samsung semble avoir trouvé une formule beaucoup plus convaincante.

Par souci de transparence, je précise que Samsung m’a fourni un Fold8 pour que je puisse le tester et partager mes impressions avec vous.

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