
Deux études publiées à quelques jours d’intervalle présentent des résultats très différents sur l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le choix du vin et des boissons alcoolisées au Québec.
Lightspeed affirme que 85 % des Québécois achèteraient un vin recommandé par un outil d’IA, à condition que celui-ci explique clairement pourquoi la bouteille correspond à leurs goûts. Cette proportion atteindrait 95 % chez les moins de 45 ans. L’entreprise ajoute que 62 % des personnes interrogées auraient déjà utilisé une application consacrée au vin, un outil d’IA ou un système numérique de recommandation pour choisir une bouteille.
Ces chiffres donnent l’impression que l’intelligence artificielle occupe déjà une place importante dans les habitudes des consommateurs. Mais une étude publiée deux jours plus tard par A3, l’Association québécoise des agences de vins, bières et spiritueux, arrive pourtant à une conclusion presque opposée.
Selon l’Indice A3 2026, seulement 5 % des consommateurs québécois déclarent utiliser l’intelligence artificielle pour orienter leur sélection de boissons alcoolisées. Près de neuf répondants sur dix choisissent plutôt des produits qu’ils connaissent déjà. Les décisions reposeraient encore principalement sur l’expérience personnelle, les recommandations de l’entourage et les conseils reçus en magasin.
Les deux études ne mesurent toutefois pas exactement la même chose. Lightspeed demande aux répondants s’ils seraient disposés à acheter un vin recommandé par une IA dans une situation hypothétique et avantageuse, soit lorsque l’outil peut expliquer sa recommandation. L’Indice A3 mesure plutôt l’utilisation réelle et actuelle de l’intelligence artificielle au moment de faire un achat.
Il est donc possible qu’un consommateur soit ouvert à l’idée de recevoir une recommandation personnalisée par une IA, sans avoir encore utilisé ce type d’outil pour sélectionner un vin. L’ouverture déclarée ne correspond pas nécessairement à une habitude déjà installée.
Une autre nuance importante concerne le taux de 62 % avancé par Lightspeed. Ce chiffre regroupe les applications spécialisées dans le vin, les outils d’intelligence artificielle et les systèmes numériques de recommandation. Il ne permet pas de déterminer quelle proportion des répondants a véritablement utilisé une IA générative comme ChatGPT, Claude ou Copilot.
Les résultats de Lightspeed indiquent donc surtout un intérêt potentiel pour les recommandations automatisées. Ils ne démontrent pas que l’intelligence artificielle influence déjà massivement les achats de vin au Québec. Pour le moment, les habitudes, l’expérience, les proches et les conseillers semblent conserver une longueur d’avance sur les sommeliers virtuels.
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