OpenAI prépare une famille d’appareils conçus autour de ChatGPT

OpenAI ne souhaite plus seulement intégrer son intelligence artificielle aux ordinateurs et aux téléphones intelligents existants. L’entreprise travaille désormais à la création d’une « famille d’appareils » conçus dès le départ pour permettre aux utilisateurs d’interagir avec ses modèles d’IA.

Dans une entrevue accordée à la journaliste Joanna Stern, le président d’OpenAI, Greg Brockman, a confirmé que plusieurs produits étaient en développement, sans préciser leur forme, leur prix ni leur date de commercialisation. Il n’a pas voulu confirmer les rumeurs évoquant un haut-parleur intelligent, un appareil portable ou un premier lancement en 2027. Il s’est contenté d’affirmer que ces nouveautés arriveraient « bientôt ».

Cette stratégie s’inscrit dans le rapprochement annoncé en mai 2025 entre OpenAI et l’équipe de conception matérielle fondée par Jony Ive, ancien responsable du design chez Apple. OpenAI avait alors présenté le projet comme une tentative de créer une nouvelle génération de produits adaptés à l’intelligence artificielle, plutôt que de simplement ajouter ChatGPT aux appareils actuels.

Greg Brockman estime que la voix pourrait devenir l’interface principale de cette nouvelle génération informatique. Selon lui, les utilisateurs parleront à leurs appareils pour la grande majorité de leurs tâches, au lieu de taper sur un clavier ou un écran tactile. La parole est plus rapide et permet de formuler des demandes longues ou complexes plus naturellement, même si son utilisation dans les bureaux ouverts pose encore des problèmes évidents de bruit et de confidentialité.

L’objectif dépasse toutefois la simple création d’un assistant vocal. OpenAI imagine un système capable d’accéder, avec l’autorisation de l’utilisateur, à ses courriels, à son calendrier, à ses fichiers et à différents services connectés. L’agent pourrait vérifier un itinéraire, organiser une journée, créer une page Web ou effectuer certaines démarches directement sur l’ordinateur. Brockman décrit un avenir où l’IA travaillerait en arrière-plan et demanderait ensuite à l’utilisateur d’approuver des dépenses, des décisions ou des actions précises.

Cette vision rapproche ChatGPT d’un système d’exploitation piloté par l’intelligence artificielle. L’application ne servirait plus uniquement à répondre à des questions. Elle deviendrait une interface centrale permettant de contrôler des logiciels, de consulter des informations personnelles et de déléguer des tâches à plusieurs agents.

Le développement de ces appareils se déroule cependant dans un contexte juridique tendu. Apple poursuit OpenAI et certains anciens employés, qu’elle accuse d’avoir utilisé des secrets commerciaux pour accélérer la conception de produits concurrents. OpenAI nie ces allégations. Brockman affirme que son entreprise n’a aucun intérêt pour les informations confidentielles de ses rivaux et qu’elle développe ses produits selon sa propre approche. Ces accusations n’ont pas encore été tranchées par un tribunal.

La confidentialité représentera également un enjeu majeur. Plus un assistant peut consulter de données et agir au nom de son propriétaire, plus les conséquences d’une erreur, d’une intrusion ou d’un usage abusif deviennent importantes. Brockman reconnaît qu’OpenAI devra gagner la confiance du public et promet des mécanismes permettant de vérifier et d’auditer la façon dont les données sont traitées.

Il évoque notamment des protections cryptographiques qui pourraient garantir que certaines informations privées ne sont examinées que par l’intelligence artificielle. OpenAI n’a toutefois pas encore expliqué précisément comment ces garanties fonctionneront ni quels produits en bénéficieront.

Pour les conversations temporaires de ChatGPT, l’entreprise indique actuellement que les échanges sont supprimés de ses systèmes dans un délai maximal de 30 jours, sauf lorsqu’une conservation est nécessaire pour des raisons de sécurité ou pour respecter une obligation juridique. Les informations transmises à des services externes par l’intermédiaire d’actions demeurent par ailleurs soumises aux politiques de ces tiers.

OpenAI n’a donc toujours pas révélé à quoi ressembleront ses premiers appareils. Les déclarations de Greg Brockman permettent néanmoins de mieux comprendre son ambition : remplacer progressivement les menus, les applications et le clavier par une conversation continue avec une intelligence artificielle capable d’agir. Le véritable défi ne sera peut-être pas de concevoir l’appareil, mais de convaincre les utilisateurs de lui confier une partie importante de leur vie numérique.

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