La personnalité influence-t-elle l’adoption de l’intelligence artificielle au travail?

L’adoption de l’intelligence artificielle dans les entreprises ne dépendrait pas uniquement de la qualité des outils ou de la formation offerte aux employés. Selon une étude de Hogan Assessments, les traits de personnalité et les valeurs individuelles influencent aussi la manière dont les travailleurs utilisent, perçoivent et acceptent l’IA.

Les employés les plus curieux, ouverts aux nouvelles expériences et désireux d’apprendre auraient tendance à utiliser plus fréquemment les outils d’intelligence artificielle. Ils seraient également plus susceptibles de les trouver faciles à utiliser et utiles pour améliorer leur rendement. Ces personnes, généralement confiantes lorsqu’elles expérimentent de nouvelles méthodes, pourraient jouer un rôle de pionniers dans les organisations.

La confiance envers les résultats produits par l’IA semble toutefois associée à un profil différent. Les employés organisés, disciplinés, consciencieux et attentifs aux détails seraient davantage portés à considérer l’IA comme un outil fiable, à condition qu’elle soit encadrée par des normes et des procédures rigoureuses.

Ces personnes pourraient ainsi jouer un rôle important dans la validation des résultats, la mise en place de règles de gouvernance et la définition de pratiques responsables. Autrement dit, les employés les plus enthousiastes ne sont pas nécessairement ceux qui sont les mieux placés pour encadrer l’utilisation de la technologie.

L’étude observe également un lien entre la résistance au changement et la crainte que l’intelligence artificielle remplace des emplois. Les personnes prudentes, sceptiques ou plus sensibles à l’incertitude rapporteraient davantage d’inquiétude et d’inconfort face à l’IA.

Hogan estime que cette anxiété ne découle donc pas toujours de la technologie elle-même. Elle peut aussi refléter la manière dont une personne réagit habituellement aux transformations, à l’incertitude ou aux changements dans son environnement professionnel.

Les personnes curieuses, ambitieuses et sûres d’elles ressentiraient généralement moins d’anxiété lorsqu’elles utilisent l’IA. Les organisations auraient donc intérêt à accompagner les employés les plus prudents avec des explications claires, de la formation et une communication transparente sur le rôle que conserveront les humains.

L’étude ne conclut toutefois pas qu’il existe un profil de personnalité idéal pour travailler avec l’intelligence artificielle. Les employés innovateurs peuvent accélérer l’expérimentation, tandis que les personnes plus méthodiques peuvent assurer la qualité, la cohérence et la sécurité des usages.

Pour les entreprises, le principal enseignement est qu’une stratégie uniforme risque de ne pas convenir à tout le monde. Les organisations pourraient plutôt adapter leur approche aux différents profils, en confiant aux plus curieux un rôle d’ambassadeur et aux plus structurés un rôle dans la gouvernance et le contrôle de la qualité.

Hogan rappelle enfin que ces résultats reposent sur des corrélations. Ils ne démontrent pas qu’un trait de personnalité provoque directement une attitude particulière envers l’IA. Les relations observées sont généralement faibles à modérées, et d’autres facteurs, comme le métier, le secteur d’activité et le niveau hiérarchique, peuvent également influencer l’adoption de ces technologies.

Source : Hogan Assessments

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