
Meta Connect 2026 a confirmé un changement de cap majeur chez Meta. Mark Zuckerberg ne présente plus le métavers comme le prochain grand territoire informatique de l’entreprise. Sa priorité est désormais la « superintelligence personnelle », incarnée par Muse, un agent d’intelligence artificielle appelé à devenir le centre d’un nouvel écosystème composé de lunettes, d’applications, de services et d’appareils capables d’accompagner l’utilisateur en permanence.
Dès son discours d’ouverture, Zuckerberg a donné le ton. Selon lui, une intelligence artificielle personnelle extrêmement puissante est désormais à portée de main. Il imagine un agent capable de comprendre les objectifs de son utilisateur, de travailler pour lui en continu, de l’aider à économiser du temps et de l’argent, à créer, à développer sa carrière ou encore à consacrer davantage d’attention à ses proches. Il a aussi défendu une vision particulière de la superintelligence : elle devrait, selon Meta, favoriser la création et l’invention plutôt que simplement automatiser le travail, et être distribuée largement plutôt que concentrée entre les mains de quelques acteurs.

Le centre de cette stratégie porte un nom : Muse. Lancé quelques semaines avant Connect, cet agent personnel ne se limite pas à répondre à des questions. Meta l’a conçu pour accomplir des tâches, poursuivre des objectifs et agir dans différents services au nom de son utilisateur. Muse fonctionne dans une machine virtuelle dédiée baptisée Muse Secure VM, qui contient l’agent ainsi que les données et services auxquels l’utilisateur lui donne accès. Meta confirme également que Muse utilise son modèle Muse Spark, spécialement conçu pour des tâches de type agentique.
Pendant Connect, Meta a présenté de nouvelles capacités pour sa version Mac. Avec les autorisations nécessaires, Muse peut accéder aux fichiers, aux messages, au calendrier et aux notes, et Meta ajoute maintenant la possibilité de contrôler directement des applications sur l’ordinateur. L’objectif est qu’un utilisateur puisse lui confier plusieurs tâches puis le laisser poursuivre son travail en arrière-plan. Meta prépare aussi la possibilité de donner à Muse sa propre adresse courriel afin de l’ajouter à une conversation ou de lui transférer des messages qu’il pourra traiter.
Muse est également en train de devenir une plateforme commerciale. Meta a annoncé ou confirmé des intégrations avec Spotify, OpenTable, Plaid, Ticketmaster, Stripe, Shopify et PayPal. Walmart, Best Buy, Gap, Sephora et Wayfair font également partie des entreprises intégrées à Muse. Expedia doit permettre à l’agent d’aider à planifier des voyages, tandis qu’Instacart sera utilisé pour les commandes d’épicerie. Pour le travail, Meta cite notamment Box, GitHub, Granola et Notion. L’entreprise affirme avoir reçu plus de 1 500 demandes depuis l’ouverture de sa plateforme de connecteurs aux développeurs.
Muse bénéficiera notamment d’un nouveau mode vocal en temps réel. L’utilisateur pourra personnaliser sa voix en la décrivant simplement, par exemple en modifiant son rythme ou son accent. Sur les lunettes Meta, Muse conservera également davantage de contexte et pourra poursuivre certaines tâches pendant la conversation. Zuckerberg en a fait la démonstration sur scène en demandant à son agent, baptisé Agrippa, de vérifier son calendrier et de planifier une rencontre.
Meta insiste aussi sur la confidentialité. L’entreprise travaille sur Muse Confidential VM, une évolution de sa machine virtuelle qui doit chiffrer l’environnement de façon que même Meta ne puisse accéder au contenu de l’utilisateur. Cette technologie doit être introduite plus tard cette année. Meta prépare également un traitement privé pour certaines fonctions des lunettes, notamment la traduction en direct.
Meta prépare en parallèle un modèle encore plus puissant. Alexandr Wang a indiqué pendant la présentation que Meta Superintelligence Labs s’apprêtait à dévoiler le modèle le plus performant jamais entraîné par l’entreprise, sans toutefois donner son nom ni annoncer de date précise. Pour l’instant, Muse Spark demeure le modèle officiellement associé à l’agent Muse.
Zuckerberg a ensuite formulé l’un des passages les plus importants de toute la présentation. Meta pensait initialement que le métavers précéderait l’arrivée d’une intelligence artificielle très avancée. Le patron de Meta affirme maintenant que l’entreprise est arrivée à la conclusion inverse : la superintelligence personnelle arrivera d’abord et sera, selon lui, beaucoup plus importante. Reality Labs réoriente donc ses efforts vers les appareils qui permettront d’interagir avec cette intelligence, en particulier les lunettes.
Les lunettes occupaient d’ailleurs une place considérable dans la présentation. Meta a d’abord présenté une nouvelle catégorie de lunettes centrées sur l’audio et dépourvues de caméra. Ce choix permet de fabriquer des montures plus minces et plus légères, avec une autonomie annoncée pour une journée complète selon l’usage. Meta veut en faire une alternative permanente aux écouteurs pour la musique, les appels et les interactions avec Muse.

La logique de Zuckerberg est simple : les lunettes peuvent voir ce que voit leur propriétaire, entendre ce qu’il entend, lui parler tout au long de la journée et, sur certains modèles, afficher de l’information directement devant ses yeux. Meta considère donc les lunettes comme une interface idéale pour une IA personnelle permanente.
Les Ray-Ban Meta passent également à une troisième génération. Les Ray-Ban Meta Gen 3 disposent de montures affinées, de branches plus confortables, d’une autonomie améliorée et de six microphones destinés à mieux capter la voix dans les environnements bruyants. Meta ajoute aussi l’enregistrement audio spatial Dolby Atmos. Parmi les nouveaux styles annoncés figure notamment l’Aviator. Les informations publiées après la présentation situent leur prix de départ à 449 $ US.
Il faut distinguer ces Ray-Ban Meta Gen 3 de la gamme Meta Glasses lancée plus tôt cette année. Celle-ci accueille notamment les nouvelles formes Capri et Nova ainsi que de nouvelles déclinaisons de couleurs. Zuckerberg a également annoncé que certains modèles Meta Glasses, dont l’Adventurer, seraient proposés à partir de 249 $ US. Meta affirme qu’elle offrira plus de 100 styles de lunettes différents avant la fin de l’année.
Meta a par ailleurs dévoilé une nouvelle collaboration avec Lisa, de BLACKPINK. Les lunettes de cette collection comprennent notamment un étui personnalisé, des détails inspirés de son univers et différents accessoires inspirés de ses animaux.
La santé auditive devient aussi un nouvel axe de développement. Meta a présenté Hearing Enhancement, une fonction destinée aux personnes présentant une perte auditive légère à modérée. Elle utilise les microphones et les haut-parleurs ouverts des lunettes pour amplifier certains sons et peut être ajustée après une évaluation guidée. Zuckerberg l’a présentée comme une fonction d’aide auditive en vente libre autorisée par la FDA. Son déploiement doit commencer sur certains modèles Meta Glasses avant d’être étendu à d’autres produits.
Les Meta Ray-Ban Display, dévoilées en 2025, obtiennent également une seconde jeunesse. Ces lunettes dotées d’un écran couleur haute résolution et contrôlables avec le Meta Neural Band étaient difficiles à trouver depuis leur lancement. Zuckerberg a annoncé qu’elles seraient désormais vendues en ligne sur Meta.com et commenceraient à être proposées dans davantage de pays.
Mais la plus importante démonstration matérielle de la soirée concernait un nouveau produit : les Meta VR Glasses. Contrairement aux casques Quest traditionnels, Meta affirme avoir réussi à réduire un système complet de réalité virtuelle à une paire de lunettes d’environ 100 grammes. C’est moins du cinquième du poids d’un Quest 3, selon Zuckerberg. Une partie de l’électronique est déplacée dans une architecture séparée afin de réduire le poids porté sur le visage.

Ces Meta VR Glasses offrent un affichage haute résolution et intègrent Muse directement au système d’exploitation. Les commandes combinent la voix, le regard et les gestes. Une surface plane peut également être utilisée comme clavier et pavé tactile virtuels. Meta affirme que certains de ses employés dépassent les 100 mots à la minute avec cette méthode. Zuckerberg résume le concept comme la réunion d’un cinéma privé, d’un ordinateur doté de plusieurs écrans et d’une console de jeux dans une paire de lunettes.
Meta positionne clairement cet appareil comme une plateforme de divertissement. Il doit être compatible avec Dolby Vision et Dolby Atmos et Meta le présente comme le premier appareil VR certifié IMAX Enhanced. L’entreprise annonce Disney+, une application Disney Immersive Cinema développée avec ILM ainsi que des expériences associées notamment à Marvel et Star Wars. Peacock, Paramount+, HBO Max, YouTube, Prime Video et Crunchyroll font également partie des services annoncés.
Pour les jeux, Meta annonce 75 titres pouvant fonctionner principalement avec les mains au lancement. L’appareil restera aussi compatible avec la bibliothèque Quest en utilisant des contrôleurs optionnels, en plus de donner accès à Xbox Cloud Gaming.
Le sport fait également partie de la stratégie. Meta prévoit plus de 100 événements immersifs par année avec des partenaires comme ESPN, MLB, UFC, TNT Sports et NBC Sports. ESPN proposera notamment des vues à 180 degrés sur certains matchs, en commençant par le football universitaire.
Meta compte aussi utiliser la réalité mixte pour donner de nouvelles capacités à Muse. L’entreprise a montré un exemple dans lequel l’agent guide visuellement un joueur de Mahjong en lui indiquant les mouvements à effectuer. Les appels holographiques doivent également permettre de représenter le corps entier d’un participant. Meta prévoit ensuite d’étendre certaines de ces fonctions aux Meta Ray-Ban Display. Ces lunettes VR doivent arriver au printemps 2027 au prix de 1 299 $ US.

Et Zuckerberg a gardé un dernier produit pour la fin : le Muse Charm. Ce petit appareil, suffisamment compact pour être accroché à un porte-clés, reprend l’expérience Muse avec son mode vocal et son avatar. Un capteur d’empreintes permet de commencer immédiatement une conversation sans avoir à sortir son téléphone ou à ouvrir une application. Le Charm pourra également montrer à Muse ce qui se passe autour de l’utilisateur. Meta n’en a encore fabriqué que quelques prototypes, mais prévoit de le commercialiser à temps pour les Fêtes en décembre. Aucun prix n’a encore été annoncé.
Le discours de fermeture de Zuckerberg a été beaucoup plus bref que son ouverture. Après le dévoilement du Muse Charm, il a essentiellement conclu en répétant que Meta se repositionne autour de Muse, de l’intelligence artificielle personnelle et des lunettes. Le métavers n’est pas abandonné, mais il a reconnu explicitement que Meta allait réduire le nombre de nouveaux appareils VR et ne les lancer que lorsqu’elle estimera disposer d’une véritable avancée technologique, comme les Meta VR Glasses.
Meta Connect 2026 marque donc un changement de priorité très clair. Le cœur du projet n’est plus seulement de construire un monde virtuel. Meta veut désormais faire de Muse une intelligence personnelle omniprésente, des lunettes son interface privilégiée et de ses nombreux partenaires commerciaux et logiciels le terrain d’action de cet agent. Si cette stratégie fonctionne comme Meta l’espère, le prochain appareil informatique personnel ne sera peut-être pas un téléphone ou un casque, mais une paire de lunettes capable de voir, d’entendre et d’agir avec son propriétaire.
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Un excellent texte avec beaucoup d’information assez pour perdre le fil du sujet. Merci beaucoup et bonne soirée