Les entreprises qui souhaitent adopter l’intelligence artificielle ne manquent généralement pas d’idées. Le problème est plutôt de déterminer lesquelles méritent réellement du temps, de l’argent et des ressources. C’est précisément ce que cherche à résoudre PlanAxion avec ses ateliers de diagnostic IA, une démarche de cinq semaines destinée à transformer une liste d’idées parfois dispersées en une feuille de route concrète. « Les gens ont plein d’idées, plein d’initiatives, mais en fait, c’est de les cadrer, ces initiatives-là », explique Jean-François Tassé, vice-président et architecte de solutions chez PlanAxion.
La démarche commence par l’identification des initiatives possibles, généralement autour d’un département ou d’un problème précis. L’objectif n’est pas de lancer immédiatement un projet technologique, mais de comprendre les besoins, les contraintes et la valeur potentielle de chaque idée. Cette étape prend aussi une importance particulière alors que plusieurs employés utilisent déjà des services comme ChatGPT, Gemini ou Claude, parfois avec leurs comptes personnels. Pour Tassé, l’organisation d’un tel atelier envoie donc également un message aux équipes : l’entreprise reconnaît l’importance de l’IA et veut encadrer son utilisation plutôt que la laisser se développer de manière informelle.
Pour que l’exercice fonctionne, trois profils doivent selon lui être représentés autour de la table. Il faut d’abord une personne capable de prendre des décisions et d’engager des budgets, ensuite des employés qui connaissent réellement le travail effectué au quotidien, et enfin une personne responsable des technologies de l’information. Ce dernier rôle permet notamment d’évaluer les systèmes existants, la disponibilité des données et les contraintes techniques. « Sans ces trois rôles-là, ça ne fonctionne pas », affirme Jean-François Tassé. Les employés sur le terrain sont particulièrement importants puisqu’ils peuvent identifier des problèmes qui échappent parfois aux gestionnaires.
Il donne l’exemple d’un client dont le service des comptes à recevoir consacrait plus d’une semaine à l’application des paiements provenant de différentes institutions financières. Après analyse du processus, une solution a été développée afin d’automatiser une grande partie de ce travail. Selon Tassé, l’opération peut maintenant être réalisée en environ 20 minutes. L’intérêt de cet exemple est que le projet n’est pas né d’une volonté abstraite « de faire de l’IA », mais d’un irritant très concret signalé par les personnes qui effectuaient cette tâche quotidiennement.
PlanAxion évalue les projets selon quatre filtres. Le premier consiste à vérifier si le problème à résoudre représente un irritant réel. Le deuxième mesure si les bénéfices attendus peuvent être observés et quantifiés. Le troisième porte sur l’état des données nécessaires au projet. Enfin, l’entreprise évalue l’ampleur du chantier et les changements qu’il imposerait aux systèmes ou à l’organisation. Cette méthode permet, selon Tassé, d’éviter qu’une initiative soit retenue simplement parce qu’elle est défendue par la personne la plus convaincante autour de la table. Elle doit plutôt démontrer sa valeur à travers ces différents critères.
Les projets peuvent ensuite être classés selon leur valeur et l’effort nécessaire à leur réalisation. Les gains rapides, qui combinent une valeur intéressante avec un effort raisonnable, peuvent être réalisés en premier. Les projets plus ambitieux peuvent être conservés comme paris stratégiques, mais demandent davantage de préparation. Certaines idées doivent aussi être reportées ou abandonnées lorsqu’elles sont trop complexes, mal définies ou offrent trop peu de valeur. « Des fois, faire de l’IA, c’est ne pas en faire », résume Jean-François Tassé. À ses yeux, savoir renoncer à un projet mal adapté peut être aussi important que d’identifier une bonne occasion d’automatisation.
Au terme des cinq semaines, l’entreprise reçoit une feuille de route où les initiatives sont classées selon les critères établis. L’idée est ensuite de lancer rapidement les projets offrant les gains les plus immédiats, puisque les économies ou les améliorations de productivité obtenues peuvent contribuer à financer des transformations plus ambitieuses. Tassé prévient toutefois qu’un des principaux risques survient après le diagnostic : perdre l’élan créé par les ateliers. « Le passage de la feuille de route à la première initiative fait la différence entre une organisation qui parle d’IA et une organisation qui en fait », affirme-t-il.
Pour Jean-François Tassé, cette capacité à passer rapidement de l’expérimentation à des usages concrets devient un enjeu de compétitivité. Il estime que de nombreuses PME québécoises en sont encore aux premières étapes, par exemple au déploiement d’outils comme Microsoft Copilot, alors que certaines entreprises internationales sont déjà engagées dans des projets beaucoup plus avancés. Son message aux organisations est donc de commencer par des projets simples, mesurables et directement liés à leurs opérations, puis de progresser graduellement vers des usages plus complexes. Dans cette perspective, le défi n’est peut-être plus de trouver des idées d’intelligence artificielle, mais de savoir lesquelles méritent réellement d’être réalisées.
[PARTENARIAT] – Merci à PlanAxion de soutenir la production de Mon Carnet cette semaine.
www.planaxion.com
+++++++
Du lundi au vendredi, Bruno Guglielminetti vous propose un regard sur
l’essentiel de l’actualité numérique avec 120 secondes de Tech.
Ou encore…
Écoutez la plus récente édition de Mon Carnet,
le magazine hebdomadaire de l’actualité numérique.
En savoir plus sur Mon Carnet
Subscribe to get the latest posts sent to your email.

