
Et si, plutôt que de laisser Facebook décider de ce qui apparaît dans votre fil d’actualité, vous pouviez simplement lui expliquer ce que vous souhaitez voir ? C’est précisément ce que propose Meta avec une nouvelle fonction baptisée « Votre algorithme » (Your Algorithm). Annoncée hier, cette nouveauté permet aux utilisateurs de communiquer directement leurs préférences au système de recommandation de Facebook, en utilisant des phrases ordinaires. Une nouvelle façon de personnaliser son expérience sur le réseau social, sans devoir modifier une multitude de paramètres ou attendre que l’algorithme devine nos intérêts à partir de nos habitudes.
Jusqu’à maintenant, Facebook s’appuyait principalement sur nos comportements pour déterminer les contenus susceptibles de nous intéresser. Les publications aimées, les commentaires, les vidéos regardées et le temps passé devant certains contenus contribuent à construire un portrait de nos préférences. Avec « Votre algorithme », Meta ajoute une possibilité : exprimer directement ses intentions. Un utilisateur pourrait, par exemple, demander à voir davantage de publications sur les nouvelles technologies ou la photographie, tout en réduisant la présence de vidéos humoristiques ou de contenus sportifs. Le système doit alors tenir compte de ces indications pour modifier ses recommandations.
Pour accéder à cette fonction, Meta a revu le menu représenté par trois petits points qui accompagne les publications et les Reels. Les options « Intéressé » et « Pas intéressé » deviennent plus accessibles et peuvent désormais donner lieu à des questions supplémentaires. L’utilisateur peut ainsi préciser pourquoi un contenu lui plaît ou lui déplaît, en formulant sa réponse avec ses propres mots. Une section consacrée à « Votre algorithme » permet également d’ajouter ou de gérer les sujets que Facebook doit privilégier dans ses recommandations.
La véritable nouveauté se trouve toutefois dans la technologie utilisée pour interpréter ces demandes. Meta fait appel à de grands modèles de langage, les mêmes familles de technologies qui alimentent les assistants conversationnels modernes. Ces modèles peuvent analyser le sens d’une phrase, son contexte et l’intention de la personne qui l’écrit. Plutôt que de simplement associer un utilisateur à une catégorie générale, Facebook peut donc recevoir des indications plus nuancées sur les contenus recherchés. Ces nouvelles informations viennent compléter les milliers de signaux comportementaux déjà utilisés par ses systèmes de classement.
Meta affirme également que les changements peuvent être appliqués en temps réel. Autrement dit, une personne qui indique ne plus vouloir voir un certain type de contenu pourrait constater une modification de ses recommandations pendant la même séance de consultation. Cette capacité d’adaptation immédiate constitue l’un des principaux arguments de l’entreprise, même si son efficacité réelle devra être évaluée à l’usage. La fonction est en cours de déploiement, sans calendrier précis annoncé pour sa disponibilité dans tous les pays, notamment au Canada.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de Meta visant à rendre ses systèmes de recommandation plus interactifs. Une fonction semblable a déjà été introduite sur Instagram, tandis que Threads propose également une approche conversationnelle avec son outil « Dear Algo ». Derrière ces nouveautés se dessine une évolution importante des réseaux sociaux : les utilisateurs ne sont plus uniquement invités à influencer les algorithmes par leurs comportements, mais également à leur donner des instructions explicites.
Il reste néanmoins une distinction importante entre influencer un algorithme et véritablement le contrôler. Même si Facebook permet maintenant de préciser ses préférences, Meta conserve la responsabilité de déterminer quels contenus seront proposés, dans quel ordre et selon quels critères. Les demandes formulées par les utilisateurs viennent enrichir les données utilisées par le système, mais elles ne remplacent pas les mécanismes de classement de la plateforme. Rien ne garantit non plus qu’un sujet jugé indésirable disparaîtra complètement du fil d’actualité.
Pour les utilisateurs, cette nouveauté représente malgré tout une évolution intéressante dans leur relation avec les réseaux sociaux. Après des années pendant lesquelles les plateformes tentaient essentiellement de prédire nos envies, Facebook commence à nous demander directement ce que nous voulons consulter. Reste à voir si cette nouvelle capacité de dialogue donnera réellement plus de liberté aux utilisateurs ou si elle permettra surtout à Meta de perfectionner davantage ses recommandations pour retenir leur attention.
Source : Meta
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