
À l’approche des élections fédérales canadiennes prévues le 28 avril, un constat s’impose : TikTok est en train de devenir un acteur central de l’information politique au pays. C’est ce que révèle une nouvelle analyse du groupe de recherche Reset Tech, qui s’inquiète de l’influence démesurée d’un petit groupe de créateurs de contenu sur la plateforme.
Depuis que Meta a interdit le partage de nouvelles sur Facebook et Instagram au Canada, à la suite de l’entrée en vigueur de la Loi sur les nouvelles en ligne en 2023, les Canadiens se tournent massivement vers TikTok pour s’informer. Et ce sont souvent des influenceurs politiques – parfois étrangers – qui captent l’attention.
Selon Reset Tech, les 100 comptes TikTok les plus populaires en matière de contenu politique ont généré 1,3 milliard de vues sur un total de 1,72 milliard entre janvier et mars 2025. CTV et CBC restent en tête en termes de volume de contenu, mais des comptes comme celui de Mario Zelaya, un créateur ontarien pro-Conservateur, ou encore les chaînes Fox News et Daily Mail engrangent des millions de vues avec un nombre bien moindre de vidéos.
Ce déséquilibre soulève des préoccupations quant à la diversité des points de vue et à la viralité des messages partisans. L’algorithme de TikTok, qui pousse des contenus similaires à ceux déjà visionnés, renforce les chambres d’écho. Et comme le souligne la professeure Emily Laidlaw, de l’Université de Calgary, les utilisateurs ne font pas toujours la distinction entre information journalistique et opinion d’influenceur.
Plus préoccupant encore : près de la moitié des vues proviennent de comptes non canadiens. Cela ouvre la porte à une influence étrangère sur les débats politiques locaux, dans un contexte où les règles de transparence et de responsabilité sont floues sur ces plateformes.
TikTok affirme avoir mis en place une cellule dédiée à l’intégrité électorale, mais le constat est là : le terrain numérique s’est déplacé, et avec lui, les règles du jeu démocratique. Pour les électeurs, la vigilance est plus que jamais de mise.
(Source : Globe and Mail )
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J’ajouterais « pour les électeurs, l’éducation est plus que jamais de mise ».
Policer les réseaux sociaux, ou leur demander qu’ils le fassent eux-mêmes, ne réglera pas le problème. La désinformation, peu importe la forme ou le chemin qu’elle prend, parviendra toujours à se glisser entre les mailles du filet.
Dès leur plus jeune âge, on devrait apprendre aux enfants à soupeser le vrai du faux, les encourager à réfléchir, à cultiver le doute même. C’est par l’éducation que tout doit commencer.