
C’est un virage important dans la stratégie de Meta en Europe : à compter du 27 mai prochain, le géant américain pourra exploiter le contenu public des utilisateurs de Facebook, Instagram et Messenger pour améliorer ses modèles d’intelligence artificielle. Une mesure qui touche potentiellement des millions d’Européens, à moins qu’ils ne s’y opposent explicitement.
Concrètement, les publications publiques, les commentaires, les légendes de photos et même les échanges avec Meta AI – le robot conversationnel de l’entreprise – pourront désormais servir à entraîner les algorithmes d’IA générative de Meta. Les messages privés et les données des mineurs sont exclus, précise toutefois l’entreprise fondée par Mark Zuckerberg.
L’annonce, faite par communiqué, marque une volte-face. Lors du lancement de Meta AI en Europe plus tôt cette année, Meta avait assuré que son intelligence artificielle n’était pas entraînée sur des données provenant d’utilisateurs européens, en raison des règles strictes du RGPD.
Meta affirme aujourd’hui que l’« intérêt légitime » constitue une base légale pour justifier cette collecte. Une interprétation validée par le Comité européen de la protection des données, à condition que les données soient anonymisées et que l’utilisateur ne puisse être identifié par l’IA.
Si ce n’est pas déjà fait, les utilisateurs des plateformes recevront une notification dans les prochains jours leur proposant un lien vers un formulaire pour refuser cette collecte. Meta assure que ce formulaire est simple, mais plusieurs étapes sont à franchir, ce qui pourrait décourager certains usagers. Pour ceux qui souhaitent agir dès maintenant, voici les liens directs sont disponibles :
➡️ Refuser pour Facebook
➡️ Refuser pour Instagram
Attention : même si vous vous opposez à l’utilisation de vos propres données, celles apparaissant dans des publications publiques d’autres personnes pourraient tout de même être exploitées. Une nuance qui réduit la portée effective de la démarche d’opposition.
Ce changement intervient alors que Meta cherche à combler son retard dans la course à l’intelligence artificielle. Après avoir suspendu un projet similaire en 2024 face aux plaintes de l’association autrichienne Noyb, l’entreprise tente de relancer l’entraînement de ses modèles en s’appuyant sur un encadrement juridique plus souple.
Reste que cette décision suscite des inquiétudes. Plusieurs spécialistes de la vie privée pointent le flou entourant les garanties offertes et la capacité réelle de Meta à anonymiser efficacement les données à grande échelle.
Pour l’instant, la date limite pour refuser l’usage de ses données est fixée au 27 mai 2025. Passé ce délai, tous les contenus publics seront, par défaut, intégrés à l’entraînement de l’IA de Meta – un développement majeur dans l’écosystème numérique européen.
Pour ce qui est des utilisateurs canadiens des plateformes, sachez que l’entraînement est déjà en cours, mais si vous ne souhaitez pas que vos nouvelles publications servent à entraîner l’intelligence artificielle de Meta, il y a une solution. Mais souvenez-vous que lorsqu’on crée un compte Facebook ou Instagram, on accepte par défaut une licence très large qui autorise Meta à utiliser le contenu partagé publiquement sur ses plateformes.
Donc, la solution la plus simple pour cesser l’utilisation de vos contenus consiste à ajuster les paramètres de confidentialité de ses publications : en limitant l’accès à « amis seulement », vos photos, statuts et commentaires ne pourront pas être utilisés dans le cadre de l’entraînement de Meta AI. Ce geste simple renforce non seulement la protection de vos données, mais limite aussi leur visibilité auprès d’inconnus.
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