
C’est une petite révolution silencieuse, mais bien réelle, qui est en train de s’opérer dans les couloirs de l’Hôpital d’Ottawa. Grâce à une solution d’intelligence artificielle intégrée au dossier médical électronique, les médecins peuvent désormais se concentrer sur l’essentiel : leurs patients. Résultat ? Moins de fatigue, plus de consultations, et des patients globalement plus satisfaits.
Depuis l’an dernier, l’Hôpital d’Ottawa utilise DAX Copilot, un assistant médical vocal développé par Microsoft. L’outil, intégré à la plateforme Epic et couplé à Dragon Medical One, permet d’enregistrer automatiquement les conversations entre les médecins et les patients, puis de générer des notes cliniques précises et contextualisées. En moyenne, ce sont sept précieuses minutes qui sont économisées par rencontre.
Mais l’impact va bien au-delà du gain de temps. Selon les données recueillies depuis l’implantation du système, les médecins rapportent une diminution de 70 % de leur niveau d’épuisement professionnel. Une donnée majeure à l’heure où la pénurie de personnel médical touche de plein fouet le système de santé. Du côté des patients, l’adhésion est forte : 97 % d’entre eux disent avoir vécu une expérience aussi bonne, sinon meilleure, qu’avant l’arrivée de l’outil.
« Ce qu’on constate, c’est un changement dans la manière dont les cliniciens interagissent avec leurs patients. Moins rivés à leur clavier, ils sont plus présents, plus engagés », explique Glen Kearns, vice-président exécutif et chef de l’information de l’Hôpital d’Ottawa.
Pour aller plus loin, l’établissement explore aussi le concept de coéquipiers numériques. L’un d’eux, une assistante virtuelle nommée Sophie, est capable de détecter l’état émotionnel d’un patient, de converser en plusieurs langues, et même de remettre en question des réponses incohérentes sur l’échelle de la douleur. À l’avenir, elle pourrait aussi assurer le suivi post-opératoire et répondre aux questions des patients sur leurs ordonnances ou leur rétablissement.
Bien entendu, chaque enregistrement est soumis au consentement préalable du patient, et les données générées sont disponibles dans leur portail MyChart. L’approche reste centrée sur l’humain, mais avec le soutien discret de l’IA en arrière-plan.
« Ce n’est pas une déshumanisation des soins, au contraire. C’est une manière de recentrer l’humain au cœur de la relation de soin, tout en optimisant nos ressources », insiste Kearns.
Avec ces initiatives, l’Hôpital d’Ottawa s’inscrit parmi les pionniers d’une médecine augmentée par l’intelligence artificielle, où la technologie ne remplace pas, mais assiste. Un modèle inspirant à l’heure où le système de santé doit repenser son fonctionnement pour survivre à la crise des effectifs.
Source : Venture Beat
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