
Trois ans après sa création, Perplexity, le moteur de recherche propulsé par l’IA et concurrent déclaré de Google, affiche une croissance impressionnante. Mais cette progression fulgurante repose sur un modèle économique très coûteux, largement soutenu par du capital-risque.
En 2024, Perplexity a généré 34 millions $ US de revenus… mais a brûlé près de 65 millions $ pour soutenir sa croissance. Les dépenses incluent 8 millions $ versés à OpenAI et Anthropic pour l’accès à leurs modèles, 15 millions $ pour AWS, et 33 millions $ pour les services web desservant les utilisateurs gratuits ou en période d’essai. En parallèle, 27 millions $ ont été offerts sous forme de rabais, notamment à des abonnés d’Uber One ou à des étudiants.
Malgré cette saignée financière, la jeune pousse de San Francisco n’est pas à court de ressources. Elle serait en voie de boucler une levée de 500 millions $ à une valorisation de 14 milliards $, sa quatrième en un peu plus d’un an. Elle disposait déjà de 850 millions $ en banque à la fin de l’année dernière. Cette manne lui a permis d’acheter la startup Sidekick (navigateur) et de recruter des talents de Rhymes AI, fondée par Kai-Fu Lee.
La stratégie fonctionne côté utilisateur : à la fin 2024, Perplexity comptait 1,6 million d’abonnés, dont 16 % payaient l’abonnement à 20 $/mois. C’est quatre fois mieux que la proportion d’abonnés payants chez ChatGPT. L’entreprise a atteint 100 millions $ de revenus annualisés en mars 2025, et traite environ 460 millions de requêtes par mois, loin derrière OpenAI et Google, mais en forte progression.
Pour se démarquer, Perplexity a lancé Comet, un navigateur intelligent, et amorcé une monétisation via la publicité et le commerce électronique. Des annonces apparaissent désormais aux côtés de certaines réponses, générant 20 000 $ au dernier trimestre. Une nouvelle fonctionnalité permet aussi d’acheter des produits via PayPal ou Venmo directement depuis l’interface.
Mais cette visibilité attire aussi les conflits. Dow Jones et le New York Post ont poursuivi Perplexity en justice pour l’usage de leurs contenus, tandis que The New York Times et Condé Nast ont brandi des menaces similaires. La startup a depuis proposé de reverser une part des revenus publicitaires aux éditeurs cités dans ses réponses.
Malgré les défis, Perplexity maintient une marge brute d’environ 60 %, supérieure à celles d’OpenAI ou Anthropic. Elle espère encore améliorer ce ratio en optimisant ses dépenses pour les utilisateurs gratuits, actuellement comptabilisées comme de la R&D.
Source : The Information
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