
Lancée le 3 juin 2025, une campagne citoyenne portée par un regroupement d’organismes de la société civile, dont la Ligue des droits et libertés, FACiL, Co-Savoir, le SFPQ et le SPGQ, réclame une action immédiate du gouvernement du Québec pour rapatrier l’hébergement des données publiques et personnelles sous son propre contrôle. Une pétition circule actuellement afin de mobiliser la population autour de cet enjeu jugé crucial pour la démocratie, l’économie locale et la sécurité des citoyens.
Aujourd’hui, une part importante des données gouvernementales est hébergée dans des infrastructures infonuagiques gérées par des multinationales américaines telles qu’Amazon et Microsoft. Une situation qui inquiète de plus en plus, notamment à cause des lois américaines comme le Patriot Act et le CLOUD Act, qui autorisent Washington à consulter ces données, même lorsqu’elles sont stockées physiquement au Québec. Le retour au pouvoir de Donald Trump, perçu comme hostile au Canada, accentue cette inquiétude.
Les organisateurs de la campagne avancent également des arguments économiques : la dépendance aux géants du numérique entraîne des coûts élevés pour l’État québécois et empêche le développement d’un écosystème local d’hébergement de données. De plus, plusieurs incidents récents dans le secteur privé québécois de l’infonuagique soulèvent des doutes sur la résilience de ces infrastructures.
La déclaration propose une série de mesures concrètes : fin de la sous-traitance massive au privé, création d’infrastructures publiques d’hébergement au Québec, recours prioritaire aux logiciels libres et rapatriement de l’expertise au sein de l’État. L’objectif est clair : instaurer une souveraineté numérique populaire, où la technologie sert avant tout les citoyens et non les intérêts commerciaux externes.
Le document sera remis au gouvernement et aux partis d’opposition en septembre prochain. Les organisateurs espèrent que ce geste collectif saura faire pression pour un véritable virage politique en matière de données. Pour ceux qui souhaitent s’impliquer, la déclaration est disponible en ligne. « Reprenons le contrôle de nos données », clament les promoteurs de cette initiative, qui voit dans la souveraineté numérique non seulement une question technologique, mais un impératif démocratique.
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Tous les jours de la semaine, du lundi au vendredi, Bruno Guglielminetti vous propose un regard sur l’essentiel de l’actualité numérique avec 120 secondes de tech.
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