VivaTech – Jensen Huang : « L’IA est la nouvelle révolution industrielle »

Il a été sans conteste l’une des figures marquantes de la 9e édition de VivaTech. En marge de sa conférence très suivie à Paris, le patron de NVIDIA, Jensen Huang, a accordé un entretien exclusif à l’animateur François Sorel de BFM Business. L’occasion de revenir sur son amour pour la France, sa vision de l’intelligence artificielle et les ambitions européennes de son entreprise.

Dès les premières minutes, le ton est donné. Amoureux de Paris et de sa gastronomie, Huang ne cache pas son attachement pour un pays qu’il considère comme un berceau de talents scientifiques. « La France a une tradition d’excellence en mathématiques, en physique, en ingénierie. Des pionniers comme Yann LeCun ou Arthur Mensch l’incarnent. »

Mais c’est l’IA qui sera au cœur de l’entretien. Le PDG de NVIDIA voit dans cette technologie un basculement historique : « Après l’automatisation de l’électricité au XIXe siècle, nous assistons aujourd’hui à l’automatisation de l’intelligence. » Selon lui, cette transition touche tous les secteurs : médecine, finance, industrie, éducation. Et c’est pour accompagner cette mutation que NVIDIA multiplie les investissements, notamment en Europe.

Parmi les annonces phares de cette semaine à VivaTech : un partenariat stratégique avec la start-up française Mistral AI pour créer un nuage industriel européen. « Ils ont l’expertise, l’ambition et une vraie compréhension du marché local », se félicite Huang. Il salue aussi la place croissante de la France dans le domaine de l’informatique quantique, évoquant une collaboration avec l’entreprise française Pasqal.

Interrogé sur la prochaine révolution, le PDG de NVIDIA évoque l’émergence de l’« IA agentique », capable de comprendre, planifier et agir de manière autonome. « C’est la décennie des robots. Bientôt, chacun aura son propre R2-D2 chez lui. » Cette vision futuriste s’accompagne d’une conviction : les compagnons numériques deviendront des outils indispensables au quotidien.

Mais l’horizon n’est pas sans nuages. Jensen Huang déplore les restrictions américaines qui l’empêchent de vendre ses puces les plus avancées en Chine, deuxième marché mondial de l’IA. Une situation qu’il juge contre-productive : « Se couper de 50 % des chercheurs en IA dans le monde, c’est une perte collective. »

Enfin, sur la question sensible de la consommation énergétique de l’IA, il relativise : « Ce qui consomme de l’énergie, c’est l’entraînement des modèles. Mais leur utilisation est très efficace. L’IA, bien déployée, nous aidera à mieux gérer nos ressources et à rendre notre industrie plus sobre. »

Convaincu que l’Europe, et en particulier la France, a un rôle central à jouer dans la révolution numérique en cours, Huang conclut sur une note optimiste : « Vous avez les cerveaux, l’énergie bas carbone, la vision. Mettez-les ensemble. »

Source : BFM Business, YouTube


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