
MISE À JOUR : Dimanche, sous la pression de Donald Trump, le Canada a annulé cette taxe sur les services numériques pour faire progresser les négociations commerciales plus larges avec les États-Unis.
Coup de tonnerre dans les relations commerciales entre le Canada et les États-Unis. Vendredi, Donald Trump a annoncé la fin immédiate des discussions commerciales avec Ottawa, dénonçant la taxe canadienne sur les services numériques, qu’il qualifie de « punitive » à l’égard des entreprises technologiques américaines. Publiée sur Truth Social, sa déclaration survient alors que les négociations semblaient progresser après des mois de tensions tarifaires.
Au cœur du litige, la taxe de 3 % sur les revenus générés par des services numériques comme la publicité ciblée, les réseaux sociaux ou la vente de données, imposée aux entreprises dégageant plus de 20 millions de dollars au Canada. Cette taxe, dont le premier paiement est exigé pour le 30 juin 2025, est rétroactive à janvier 2022 et touche directement des géants américains comme Meta, Google, Amazon, Uber ou Airbnb. Washington estime que 90 % des recettes attendues proviendraient de ses entreprises, soit une facture de plus de 2 milliards de dollars américains.
De son côté, le premier ministre canadien Mark Carney et son gouvernement, représentés par le ministre des Finances François‑Philippe Champagne, affirment que la taxe reste en vigueur. Adoptée par le Parlement pour s’appliquer rétroactivement depuis janvier 2022, elle vise à instaurer un cadre fiscal mondial équitable en attendant un accord européen via l’OCDE. Or, Washington affirme qu’il ne reculera pas tant que la taxe ne sera pas retirée — un bras de fer économique et politique est donc amorcé.
Carney, ancien gouverneur de la Banque du Canada et de la Banque d’Angleterre, a fait de cette crise une priorité nationale. Dès sa prise de fonction en mars 2025, il a affirmé son engagement « à défendre la souveraineté canadienne » face aux menaces tarifaires et aux « suggestions d’annexion ».
Ce nouvel épisode s’inscrit dans une dynamique plus large : en l’absence pour l’instant d’un consensus au sein de l’OCDE sur la taxation du numérique, plusieurs pays, dont le Canada, ont déjà adopté des mesures nationales, provoquant des différends commerciaux, notamment aux États-Unis via des enquêtes au titre de la Section 301 (US Trade Act). Le Canada a également lancé une procédure formelle de règlement de différends dans le cadre de l’ACEUM .
Avec la date limite de paiement fixée ce lundi, les plateformes visées devront décider : répercuter la taxe aux consommateurs canadiens ou absorber la charge, avec un risque de hausse des prix. L’enjeu n’est pas seulement économique : il donne un aperçu des conséquences d’un protectionnisme numérique à l’échelle mondiale.
À court terme, la position de Mark Carney est claire : défense ferme de l’imposition nationale, pression diplomatique et commerciales, tout en appelant à une solution multilatérale. Mais face à Trump, le ton est sans compromis : « America is not Canada. We are very fundamentally a different country »
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Tous les jours de la semaine, du lundi au vendredi, Bruno Guglielminetti vous propose un regard sur l’essentiel de l’actualité numérique avec 120 secondes de tech.
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