
L’idée d’une semaine de travail réduite à quatre jours refait surface avec un allié de taille : l’intelligence artificielle. Pour les partisans de cette réforme, les gains de productivité générés par l’IA devraient se traduire non pas par des suppressions d’emplois, mais par un meilleur équilibre entre vie professionnelle et personnelle.
Aux États-Unis, le sénateur américain Bernie Sanders a récemment remis le sujet à l’agenda, lors d’un passage au balado de Joe Rogan. Selon lui, si l’IA rend les travailleurs plus productifs, il serait logique de réduire la semaine de travail à 32 heures sans toucher au salaire. Ce n’est pas la première fois qu’il défend cette position : il a déjà déposé un projet de loi en ce sens au Congrès, bien que son adoption reste improbable.
Mais sur le terrain, certains passent déjà à l’action. Roger Kirkness, PDG de la jeune entreprise montréalaise Convictional, a instauré une semaine de quatre jours pour ses 12 employés. Le vendredi est désormais traité comme un jour de fin de semaine. Pour ce dirigeant, l’IA accélère la production de code, mais ne remplace pas la créativité humaine, un facteur clé qu’il souhaite préserver en donnant plus de temps aux équipes pour se ressourcer.
L’économiste Juliet Schor, autrice du nouveau livre Four Days a Week, observe un intérêt croissant pour cette idée au sein des milieux progressistes et technophiles. Elle dirige aussi les recherches du 4 Day Week Global, un organisme qui teste la semaine de quatre jours dans plus de 240 entreprises à travers le monde. Pour elle, cette réduction du temps de travail est une réponse logique à l’automatisation croissante : elle permet de maintenir l’emploi tout en adaptant le monde du travail à l’ère de l’IA.
Dans certains secteurs, notamment la création de contenu, le service à la clientèle ou la programmation, l’intégration de l’IA a d’ores et déjà modifié les méthodes de travail. Les tâches répétitives sont de plus en plus déléguées aux outils automatisés, libérant les professionnels pour des missions à plus forte valeur ajoutée, un changement qui rend plus pertinent que jamais le débat sur l’aménagement du temps de travail.
Historiquement, l’argument n’est pas nouveau. Au début du 20e siècle, la réduction du temps de travail à cinq jours visait déjà à contrer le chômage technologique. La semaine de quatre jours s’inscrit donc dans une lignée de réformes sociales déclenchées par les grandes mutations économiques.
Reste que la transition est plus aisée pour les petites structures que pour les grandes entreprises, souvent contraintes par des attentes d’investisseurs peu enclins à tester ce type de changement. Pourtant, les bénéfices rapportés par les premières expériences vont bien au-delà du bien-être des employés : meilleure concentration, créativité renforcée et productivité accrue.
Alors que le débat sur l’avenir du travail à l’ère de l’IA s’intensifie, une voix se fait entendre de plus en plus clairement : et si, plutôt que de craindre les robots, on utilisait cette technologie pour offrir aux humains quelque chose de plus précieux encore que l’efficacité du temps ?
Source : axios
+++
Tous les jours de la semaine, du lundi au vendredi, Bruno Guglielminetti vous propose un regard sur l’essentiel de l’actualité numérique avec 120 secondes de tech.
En savoir plus sur Mon Carnet
Subscribe to get the latest posts sent to your email.


Les patrons vont préférer faire 20% ou plus de mise à pied.
Sceptique ? Demandez à Bezos.