Le Canada célèbre 40 ans de téléphonie mobile : du Cantel 400 à la 5G

Le 1er juillet 1985, en pleine fête du Canada, le maire de Toronto, Art Eggleton, composait le tout premier appel cellulaire du pays en s’adressant à Jean Drapeau, maire de Montréal. Ce coup de fil, symbolique et volontairement patriotique, marquait les débuts officiels de la communication mobile au Canada. À l’autre bout du fil : un appareil Cantel 400, pesant près de 800 grammes, vendu autour de 4 000 dollars, soit l’équivalent de 10 000 dollars d’aujourd’hui.

À l’époque, ces téléphones volumineux étaient réservés à une élite : cadres, médecins ou dirigeants d’entreprise. Et ces appareils étaient d’abord des symboles de statut, loin d’être des objets du quotidien. Le coût à la minute, environ 1 dollar, et la batterie à transporter dans une mallette limitaient leur usage à des communications brèves et ciblées.

L’histoire de la téléphonie mobile au Canada s’inscrit aussi dans un contexte de décisions politiques et économiques stratégiques. Dans les années 1980, Ottawa a choisi d’attribuer la première licence de réseau cellulaire à Cantel, une filiale de Rogers, résistant ainsi aux pressions américaines qui voulaient favoriser une entreprise des États-Unis. Ce choix a posé les bases d’un écosystème télécoms canadien où quelques grands joueurs dominent toujours aujourd’hui.

Au fil des années 1990, la miniaturisation des appareils et l’ouverture du marché canadien ont démocratisé l’usage. Des modèles comme le Nokia 5110, avec son fameux jeu Snake, ont initié une nouvelle génération d’usagers au plaisir du divertissement mobile. Des acteurs comme Clearnet et Fido ont accéléré l’adoption au-delà des grands centres urbains en offrant une couverture élargie et des forfaits plus abordables.

Mais c’est l’avènement de BlackBerry qui propulsera le Canada sur la scène mondiale. L’entreprise de Waterloo, Research In Motion, a révolutionné les communications professionnelles avec ses appareils à clavier physique. Le phénomène « CrackBerry » a conquis les dirigeants d’entreprises et même la Maison-Blanche, Barack Obama refusant de s’en séparer à son arrivée au pouvoir.

Puis est venu l’iPhone, en 2007, qui a tout changé. Le téléphone intelligent a fait passer les appels au second plan, relégués derrière la photo, la messagerie, les réseaux sociaux ou la géolocalisation. Les téléphones mobiles sont devenus des ordinateurs de poche, bouleversant des pans entiers de l’économie et modifiant profondément nos comportements sociaux.

Aujourd’hui, 99 % des jeunes Canadiens entre 15 et 34 ans possèdent un téléphone intelligent. Si les impacts sont largement positifs, accès à l’information, communication, créativité, ils viennent aussi avec leur lot de préoccupations : dépendance, vie privée, fracture numérique ou encore empreinte environnementale de la production mondiale des appareils.

Quarante ans après ce tout premier appel entre Montréal et Toronto, le téléphone mobile s’est transformé en pilier invisible de la vie moderne. Des communautés autochtones du Nord aux tours de bureaux de Bay Street, il façonne nos relations, notre travail et notre rapport au monde. Le Canada, pionnier de la mobilité, entre maintenant dans l’ère de la 5G avec les mêmes promesses d’innovation… et de profondes remises en question.

Source : co24, Wikipedia, ACT

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