
Les VTubers connaissent une percée inattendue en Amérique du nord. Mais cette popularité croissante ne suit pas exactement les mêmes codes qu’en Asie. Selon un nouveau rapport de Big Games Machine, qui a sondé les habitudes de 1 050 joueurs américains sur YouTube, ce sont désormais les femmes qui s’enthousiasment le plus pour ces créateurs virtuels.
Pour être certain que tout le monde suit, je rappelle qu’un VTuber, ou Virtual YouTuber, est une personne qui crée du contenu vidéo, souvent sur YouTube ou Twitch, en utilisant un avatar animé, généralement en 2D ou en 3D, plutôt que son apparence réelle. Ces avatars, souvent inspirés du style anime japonais, sont animés en temps réel grâce à la capture des mouvements du visage et de la voix.
Alors que 89 % des spectateurs de VTubers au Japon sont des hommes, la tendance s’inverse en Amérique du Nord : 23 % des femmes interrogées disent suivre ce type de contenu contre seulement 14 % des hommes. Une différence qui s’explique en partie par la nature même des créateurs. Environ 70 % des VTubers actifs sont des femmes, ce qui semble établir une connexion directe avec un public féminin plus réceptif.
Mais ce n’est pas qu’une affaire de représentation. Le rapport montre que les femmes sont aussi plus enclines à découvrir du contenu gaming sur TikTok, une plateforme propice à l’expression de personnalités marquées et à une approche plus relationnelle du divertissement. À l’inverse, les hommes privilégient encore les plateformes comme Kick, davantage axées sur la performance et l’e-sport.
C’est justement sur l’e-sport que les écarts se creusent encore : 14 % des hommes déclarent suivre du contenu compétitif, contre à peine 6 % des femmes. Cela place l’e-sport tout en bas du classement chez les gameuses, bien loin des vidéos humoristiques ou des guides de jeu, très prisés.
Le succès des VTubers auprès d’un public féminin reflète aussi une évolution plus large des motivations de visionnage. Près d’un répondant sur deux affirme que la personnalité du créateur est un facteur déterminant dans le choix du contenu. Dans ce contexte, les VTubers, avec leur mise en scène assumée et leur ton souvent intimiste, créent une connexion émotionnelle difficile à égaler.
Autre donnée intéressante : les formats courts comme les compilations humoristiques ou les vidéos « Let’s Play » trouvent davantage d’écho chez les plus jeunes, notamment les 18-24 ans. Or, c’est aussi ce groupe d’âge qui consomme le plus de contenu VTuber, ce qui suggère une convergence générationnelle entre le format, la forme et la personnalité du créateur.
Le rapport indique également que les chaînes de taille moyenne, entre 100 000 et un million d’abonnés, sont les plus populaires, tous genres confondus. Cela offre une opportunité de croissance importante pour les créateurs VTubers qui n’ont pas encore atteint le statut de vedette, mais qui misent sur un engagement communautaire fort.
Enfin, si l’esthétique kawaii associée aux VTubers japonais perd de son impact en Occident, elle est souvent remplacée par des codes culturels plus localisés. Le VTubing américain intègre ainsi des références issues de la pop culture, de l’humour internet ou encore de la diversité identitaire, contribuant à redéfinir les contours d’un phénomène devenu global.
Source : Big Games Machine (PDF)
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