
Un nouveau phénomène secoue les plateformes de streaming musical : l’émergence d’artistes qui n’existent que dans les circuits numériques. Le cas le plus intrigant cette semaine est celui de « The Velvet Sundown », un groupe inconnu hier encore, mais qui compte désormais près de 600 000 auditeurs mensuels sur Spotify. Leur chanson « Dust on the Wind » (sans lien avec celle du groupe Kansas) dépasse déjà les 500 000 écoutes. Problème : tout laisse croire que ce groupe est une pure création d’intelligence artificielle.
Le profil de « The Velvet Sundown » est révélateur : des morceaux au style banal, des paroles génériques, une instrumentation passe-partout, le tout sans âme ni originalité. Deezer, de son côté, a d’ailleurs confirmé via son outil de détection que les chansons sont bel et bien générées par IA. Une tendance qui prend de l’ampleur à mesure que les algorithmes s’améliorent et que les plateformes cherchent à gonfler leurs catalogues.
Les indices s’accumulent. Leur image officielle — sans erreur visible mais étrangement lisse — évoque une composition numérique. Leur présence en ligne est quasi inexistante : pas de site web, pas de réseaux sociaux, pas de vidéos de concert. Les membres mentionnés dans leur bio, comme Orion « Rio » Del Mar ou Milo Raines, semblent eux aussi fictifs. En 2025, l’absence de traces numériques est elle-même une anomalie.
Ce phénomène dépasse largement un groupe isolé. Des dizaines d’« artistes » similaires se retrouvent dans les playlists populaires. Le trio jazz fictif « The Super Smart Trio » récolte des millions d’écoutes sans aucune existence au-delà des plateformes. Même chose pour « Mellow Mirror » dans les sélections lo-fi. Ces entités sans corps ni histoire cumulent les écoutes et brouillent les pistes entre création humaine et production algorithmique.
Pourquoi s’en inquiéter ? Parce que cela change notre rapport à l’art. Lorsqu’un auditeur lance une chanson, il s’attend — consciemment ou non — à entendre l’expression d’une intention humaine, d’une émotion, d’un vécu. Avec l’IA, cette promesse disparaît. Ce n’est plus une personne qui tente de nous dire quelque chose, mais une machine qui compile et prédit à partir d’archives culturelles.
Ce glissement interpelle aussi sur un plan économique et éthique. Ces faux artistes concurrencent les vrais, captent des revenus, remplissent les playlists sans jamais se produire en concert ou interagir avec leur public. Ils modifient l’écosystème musical au profit d’une logique de rendement, où l’originalité devient un frein plutôt qu’un atout.
À défaut d’arrêter le raz-de-marée, une mesure simple pourrait redonner un peu de contrôle aux auditeurs : un bouton « désactiver la musique générée par IA ». Une option de transparence, au minimum. En attendant, nous risquons de passer de plus en plus de temps à écouter des chansons qui n’ont jamais été écrites, jouées ou ressenties.
Rebondissement de dernière heure : un compte X a été créé, affirmant représenter « The Velvet Sundown » et niant formellement toute utilisation de l’intelligence artificielle. Dans sa bio, on peut lire : « Yes, We Are A Real Band & We Never Use AI ». Le compte ne permet toutefois pas les messages privés, et aucune réponse publique n’a été fournie à ce jour malgré une tentative de prise de contact. Une simple déclaration sur un réseau social suffira-t-elle à dissiper les doutes quand toutes les autres traces d’existence du groupe demeurent absentes ?
Source : Lifehacker, PC Gamer
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Mais pourquoi on ne protège pas les artistes humains? Pourquoi on le les dédommage pas? Pourquoi??? Pourquoi on ne légifère pas? Les artistes sont délaissés par les gouvernements.