
Réunie hier dans les bureaux de SCALE AI à Montréal, la communauté québécoise de l’intelligence artificielle célébrait un jalon important : un investissement de 98,6 millions de dollars dans 23 projets d’adoption de l’IA, financé par la grappe d’innovation nationale. Présidente du conseil d’administration de SCALE AI, Hélène Desmarais a profité de l’occasion pour prononcer un discours vigoureux, appelant à une mobilisation nationale autour de cette révolution technologique.
« Le Canada est bien positionné pour jouer un rôle de chef de file dans cette transformation massive », a-t-elle affirmé d’entrée de jeu, soulignant l’excellence de la recherche et la richesse du bassin de talents comme piliers de cet écosystème en pleine effervescence. Selon elle, SCALE AI joue un rôle clé en tissant des ponts entre les milieux académique et industriel, grâce à une stratégie de co-investissement public-privé qui accélère la commercialisation de solutions concrètes.
Hélène Desmarais n’a pas manqué de rappeler l’urgence d’agir face aux géants mondiaux : « Alors que les États-Unis et la Chine ont intégré l’IA comme pilier stratégique de leur développement national, le Canada ne peut se permettre de rester en retrait. Il y a un risque réel de perte de contrôle sur notre avenir technologique. » Elle appelle à un plan d’action ambitieux, soutenu par des investissements privés et publics significatifs, non seulement sur le plan technique, mais aussi pour diffuser largement l’IA dans l’économie, les services publics et l’éducation.
Face aux bouleversements provoqués par l’IA générative et les agents autonomes, Desmarais a insisté sur la nécessité d’un engagement à la hauteur des enjeux : « Cette révolution touche tous les aspects de notre société : économie, emploi, information, culture, environnement. » Elle a salué les entreprises présentes pour leur implication, mais les a aussi mises au défi de consacrer une part substantielle de leurs budgets à l’IA.
En guise d’avertissement, elle a conclu : « Si collectivement, le monde des affaires ne met pas un pourcentage significatif de ses dépenses dans l’IA, le coût pour notre pays sera élevé. Nous risquons une perte économique et sociale majeure, voire une rétrogradation historique. »
Pour Hélène Desmarais, c’est maintenant que le Canada doit transformer son potentiel en puissance technologique.
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