
Lors de son discours hier à l’AI Summit à Washington, le président Donald Trump a affirmé que les entreprises d’intelligence artificielle ne devraient pas être tenues de payer pour chaque contenu protégé par le droit d’auteur utilisé pour entraîner leurs modèles. Selon lui, « ce n’est pas faisable » et imposer une telle exigence nuirait à l’innovation américaine en laissant le champ libre à la Chine.
Trump a plaidé pour des règles « de bon sens » en matière de propriété intellectuelle appliquées à l’IA, insistant sur la nécessité pour les États-Unis de ne pas freiner leur développement technologique par des exigences juridiques trop lourdes. « Quand quelqu’un lit un livre, il en retire de la connaissance. Ça ne veut pas dire qu’il a violé un droit d’auteur. C’est pareil pour l’IA. »
Ces propos accompagnent le dévoilement du AI Action Plan, une nouvelle stratégie de la Maison-Blanche qui mise sur la déréglementation et l’expansion des infrastructures, tout en établissant des standards fédéraux uniques pour éviter que chaque État impose ses propres règles. Le plan, contrairement à celui de l’administration Biden, met l’accent sur la compétitivité, la liberté d’expression et la réduction des « biais idéologiques ».
Curieusement, le document ne mentionne pas les questions de droit d’auteur, un sujet pourtant au cœur des tensions entre les géants de la tech et les créateurs de contenus. Plusieurs entreprises comme Disney, NBCUniversal et des auteurs poursuivent actuellement des firmes d’IA pour usage non autorisé de leurs œuvres.
Loin d’appuyer ces démarches, Trump a répété que l’IA devait pouvoir apprendre à partir d’un corpus large sans passer systématiquement par des négociations contractuelles. Il a toutefois distingué l’apprentissage général du plagiat, qu’il a condamné.
Le AI Action Plan aborde d’autres enjeux sensibles, comme la prolifération des deepfakes. Il prévoit des lignes directrices et un cadre médico-légal volontaire pour évaluer la véracité des contenus dans les procédures judiciaires. Il s’appuie notamment sur le Take It Down Act, promu par Melania Trump pour lutter contre les contenus sexuellement explicites générés sans consentement.
Enfin, le plan attaque les réglementations locales jugées trop contraignantes, notamment en Californie, ce qui a valu une réplique cinglante du bureau du gouverneur Gavin Newsom. Celui-ci accuse Trump de menacer le financement de lois protégeant les enfants contre la pornographie synthétique, tout en rappelant ses liens controversés avec Jeffrey Epstein.
Dans l’ensemble, ce discours et le plan associé marquent un tournant dans la politique américaine sur l’intelligence artificielle, misant sur la liberté d’innovation plutôt que sur la régulation éthique ou sécuritaire.
Extrait du discours :
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