Les Macron attaquent l’animatrice de podcast Candace Owens en justice pour diffamation

Emmanuel et Brigitte Macron ont intenté une rare poursuite en diffamation contre une figure de la droite américaine, la commentatrice Candace Owens, à la suite de propos mensongers relayés massivement en ligne. Le couple présidentiel français accuse la podcasteuse d’avoir lancé une « campagne mondiale d’humiliation » fondée sur l’idée que Brigitte Macron serait née homme sous le nom de Jean-Michel Trogneux, une rumeur démentie à maintes reprises.

Déposé devant une cour supérieure du Delaware, le recours judiciaire s’appuie sur un document de 219 pages dans lequel les avocats des Macron dénoncent des déclarations diffamatoires répétées, amplifiées via YouTube, Instagram et X. Dans sa série Becoming Brigitte, Owens alimente les accusations les plus invraisemblables : non seulement Brigitte Macron serait un homme trans, mais le couple serait aussi lié par le sang, et Emmanuel Macron issu d’un programme secret de manipulation mentale de type CIA.

Face à la gravité des propos, le cabinet d’avocats Clare Locke, connu pour avoir représenté Dominion dans sa victoire contre Fox News, insiste sur la volonté des Macron de rétablir la vérité. « Ce dossier repose sur un principe fondamental : celui de la vérité », a déclaré leur avocat, Thomas Clare. Il affirme que les Macron sont même prêts à se déplacer aux États-Unis pour comparaître.

La réponse d’Owens, elle, est cinglante. Non seulement elle rejette en bloc les accusations, mais elle qualifie la plainte de tentative de censure. Dans un podcast diffusé après l’annonce de la poursuite, elle a maintenu que « Brigitte Macron est sans aucun doute un homme », dénonçant un « plan de communication désespéré » et une attaque contre sa liberté d’expression. Elle va jusqu’à menacer de citer le président Macron et son épouse à comparaître, dans un ton provocateur assumé.

Dans leur plainte, les Macron rappellent avoir tenté pendant plus d’un an d’obtenir une rétractation. Ils affirment que les déclarations d’Owens ont terni leur réputation et causé des préjudices économiques, personnels et politiques. La plainte souligne aussi le caractère lucratif de la campagne : Owens aurait vendu des chandails parodiques et capitalisé sur l’attention générée.

En France, Brigitte Macron avait déjà poursuivi deux femmes pour des affirmations similaires. Si elle avait remporté le procès en première instance, un tribunal d’appel a récemment annulé le jugement, non pas en raison de la véracité des propos, mais parce que les accusées auraient agi de « bonne foi ». Le dossier est désormais devant la Cour de cassation.

Cette poursuite exceptionnelle, intentée par un chef d’État en exercice contre une influenceuse étrangère, illustre les dérives potentielles de la désinformation numérique à l’échelle mondiale et soulève des questions complexes autour de la liberté d’expression, de la diffamation et des frontières juridiques à l’ère des plateformes.

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