
Alors que les jeunes de la génération Z accèdent progressivement à l’indépendance financière, un constat s’impose : leurs connaissances économiques demeurent inférieures à celles des générations précédentes. Un rapport du Global Financial Literacy Excellence Center (GFLEC) révèle un retard inquiétant dans tous les domaines, de la budgétisation à l’investissement. En toile de fond, une explication prend de plus en plus de place : la plateforme TikTok est devenue, pour beaucoup, la principale source d’information financière.
Or, derrière les vidéos accrocheuses des hashtags #MoneyTok, #PassiveIncome ou #DebtFree, se cachent des tendances virales aussi populaires que potentiellement trompeuses. Les chercheurs de BestBrokers ont passé en revue les contenus financiers en vogue pour en cerner les dérives et analyser leur influence sur une génération avide de conseils, mais souvent mal informée.
Avec 1,59 milliard d’utilisateurs actifs mensuels dans le monde, TikTok est plus qu’un réseau social : c’est un média planétaire. Aux États-Unis, plus de 135 millions de personnes y accèdent chaque mois. Pour des millions de jeunes, la plateforme est devenue une école de vie… y compris pour les finances. Problème : cette école ne filtre pas ses enseignants. Ce sont les finfluenceurs ( créateurs populaires, mais sans certification ) qui y tiennent le haut du pavé.
L’équipe de BestBrokers a identifié 15 tendances virales liées à la finance personnelle, puis analysé leurs hashtags dominants. Certaines vidéos affichent des millions de vues avec des promesses de gains spectaculaires. Mais derrière les likes, se cache souvent un manque criant de rigueur.
Avec plus de 6 millions de publications, les side hustles ( petits boulots ou projets parallèles ) sont omniprésents. Dropshipping, affiliation, automatisation : tout est présenté comme une voie rapide vers l’enrichissement. En réalité, ces activités demandent du temps, des compétences techniques, et bien souvent des investissements initiaux. Le rêve vendu est celui du gain sans effort. La réalité, elle, est bien plus complexe.
Le marché des devises (forex) fait l’objet de plus de 12 milliards de vues via des vidéos montrant des jeunes en voitures de luxe affirmant avoir tout gagné grâce au trading. Mais derrière l’écran, ces profits proviennent souvent de comptes démo, voire de simples montages. Pire : plusieurs régulateurs européens et américains alertent contre ces pratiques non encadrées, parfois proches de l’arnaque.
Transformer du contenu Canva en milliers de dollars sur Etsy ? Générer un salaire mensuel grâce à l’affiliation Pinterest ? Ces récits abondent, mais omettent les mois de tests, d’échecs et de coûts publicitaires que nécessitent ces stratégies. L’absence d’information sur les risques fiscaux, juridiques ou psychologiques ajoute à l’illusion.
Cette tendance propose d’attirer l’argent en changeant son état d’esprit, en répétant des affirmations ou en faisant appel à des pratiques spirituelles. Si certains y trouvent une forme de motivation, il ne s’agit pas d’une stratégie économique, et encore moins d’un modèle reproductible.
Alors que 41 % des jeunes affirment en 2025 être prêts à laisser une IA gérer leurs investissements, les vidéos sur la cryptomonnaie restent très populaires. Le problème ? La majorité prône l’achat compulsif de nouveaux tokens ou des stratégies risquées de copy trading, sans encadrement ni mise en garde.
L’algorithme de TikTok ne se contente pas de diffuser du contenu populaire : il façonne activement la perception de ce qui est « normal » ou « désirable » en matière de finances. Lorsqu’un utilisateur interagit avec une vidéo de type side hustle ou money hack, il est rapidement entraîné dans une boucle où des contenus similaires se succèdent. Cette exposition répétée à des récits de réussite rapide renforce l’illusion que ces trajectoires sont courantes, voire garanties, contribuant à la création de bulles cognitives qui rendent les jeunes utilisateurs moins réceptifs aux mises en garde plus nuancées ou aux discours éducatifs.
Jusqu’à présent, les grandes plateformes sociales comme TikTok ont adopté une position ambigüe face à la diffusion de contenus financiers trompeurs. Si certains créateurs peuvent être sanctionnés pour fraude manifeste, la plupart des vidéos problématiques échappent à toute modération, tant qu’elles respectent les règles générales de la communauté. L’absence de vérification des qualifications des finfluenceurs et le manque d’étiquetage clair sur les contenus sponsorisés laissent les spectateurs dans le flou quant à la fiabilité de ce qu’ils consomment. Cela soulève la question d’une nécessaire régulation plus fine des conseils financiers dans les environnements numériques.
Face à la montée en puissance de ces tendances virales, les institutions financières classiques, banques, coopératives, conseillers en placements, peinent encore à occuper l’espace numérique avec des formats adaptés aux habitudes des jeunes. Les vidéos éducatives restent rares, souvent mal calibrées pour les plateformes sociales, et peinent à rivaliser avec l’énergie et la narration directe des créateurs indépendants. Pourtant, en investissant dans du contenu crédible, engageant et visuellement percutant, ces acteurs pourraient contribuer à rééquilibrer le discours et à rétablir la confiance dans des pratiques financières responsables.
Source : Bestbrokers, Global Financial Literacy Excellence Center
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Il faut bannir cette merde chinoise du territoire. Il est temps de créer un réseau social canadien, qui serait régit par le CRTC qui aurait une modération et une vérification du contenu par des experts universitaires avant publication. Assez de cette merde qui dit n’importe quoi. Faut aussi bannir les merdes USA comme Meta et X.