
Amazon investit dans Fable, une jeune pousse technologique de San Francisco qui vient de lancer Showrunner, une plateforme permettant de créer des épisodes de séries télévisées à l’aide de l’intelligence artificielle. Décrite comme le « Netflix de l’IA », cette solution donne aux utilisateurs le pouvoir de générer, avec quelques mots-clés, des scènes animées ou même des épisodes entiers, en partant de zéro ou à partir d’univers narratifs préexistants.
Lancée après plusieurs mois de test en alpha fermée, Showrunner s’ouvre au public avec deux séries originales : Exit Valley, une satire animée des grands noms de la tech comme Sam Altman ou Elon Musk, et Everything Is Fine, une comédie surréaliste sur un couple projeté dans un monde parallèle après une dispute chez Ikea. L’expérience est gratuite pour les spectateurs, tandis que les créateurs pourront, à terme, souscrire à un abonnement mensuel de 10 à 20 $ pour générer du contenu.
Edward Saatchi, PDG et cofondateur de Fable, se montre prudemment optimiste quant à l’accueil du public. Si l’idée de devenir son propre « showrunner » séduit sur le papier, il reste à voir si les utilisateurs adopteront cette forme d’expression. Néanmoins, le soutien d’Amazon à travers un investissement ( dont le montant reste confidentiel ) témoigne d’un certain pari sur le potentiel de la plateforme. Ces fonds serviront à développer Showrunner et à peaufiner son modèle de génération d’histoires assisté par IA.
Au cœur de l’innovation : SHOW-2, le modèle d’IA maison de Fable, conçu après des recherches qui ont abouti au prototype SHOW-1. Ce dernier avait déjà permis la production de neuf épisodes inspirés de South Park, diffusés à titre expérimental et visionnés plus de 80 millions de fois. Bien que réalisés sans autorisation officielle, ces contenus n’ont pas été commercialisés, ce qui a rassuré les créateurs de la série originale. Fable affirme également que son système intègre des garde-fous pour prévenir tout usage inapproprié ou contrefaisant.
Edward Saatchi insiste sur le fait que Showrunner se concentre uniquement sur l’animation, un choix stratégique dicté par la légèreté de traitement comparée à la vidéo photoréaliste. Plutôt que de rivaliser avec les géants comme OpenAI, Google ou Meta dans une course à la puissance, Fable préfère miser sur la créativité et l’agilité de ses modèles. L’entreprise, qui compte une quinzaine d’employés, veut bâtir un écosystème où les histoires sont façonnées collectivement, tout en restant accessibles et partagées librement sur YouTube ou d’autres plateformes.
Source : Variety
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