
La Chine a profité de la World Artificial Intelligence Conference (WAIC), qui s’est tenue à Shanghai jusqu’à mardi, pour affirmer haut et fort ses ambitions en matière d’intelligence artificielle sur la scène internationale. Ce rendez-vous, qui a réuni plus de 800 entreprises, a été marqué par la démonstration de robots humanoïdes, de taxis volants et de technologies fondées sur l’IA, attirant une audience mondiale inédite, dont les figures emblématiques Yoshua Bengio, Geoffrey Hinton, et l’ancien PDG de Google, Eric Schmidt.
Lors de son intervention, le Premier ministre Li Qiang a créé la surprise en annonçant la création d’un nouvel organisme de coopération en IA basé à Shanghai, ainsi que deux mécanismes de dialogue placés sous l’égide de l’ONU. Cette initiative, perçue comme une réponse directe au récent « AI Action Plan » américain prônant la domination technologique des États-Unis, illustre l’approche multilatérale revendiquée par Pékin. « La Chine veut se positionner comme un défenseur de la coopération internationale », a souligné George Chen, associé au sein du cabinet The Asia Group.
La conférence a aussi été l’occasion pour les géants technologiques chinois, notamment Alibaba et DeepSeek, de mettre en avant leurs modèles open source, présentés comme une volonté de partager les fruits de l’innovation avec le reste du monde. Selon un responsable d’Alibaba, « nous apprenons tous les uns des autres » en tirant parti des modèles de DeepSeek.
La taille du marché intérieur chinois permet également de tester rapidement des applications à grande échelle, un avantage stratégique face aux États-Unis. Dans les allées du WAIC, des robots quadrupèdes effectuaient des saltos, tandis que les humanoïdes circulaient parmi les visiteurs, illustrant les progrès du pays en matière d’automatisation.
Cette dynamique est renforcée par une guerre des prix féroce entre entreprises chinoises, rendant le développement d’applications IA plus abordable. Dans la robotique, la pression concurrentielle stimule l’innovation, et plusieurs fournisseurs, comme EYou Robotics, rapportent une forte hausse de la demande, y compris à l’international.
Enfin, la start-up Soul a présenté une application destinée à la génération Z, combinant robot humanoïde et robot conversationnel. « Un véritable compagnon dans le monde réel », affirme Shunshun Yin, responsable IA de l’entreprise.
Alors que l’Europe se concentre sur la régulation, la Chine, elle, avance à grand pas vers la concrétisation de sa vision : devenir un leader technologique mondial dans le domaine de l’intelligence artificielle.
Source : Financial Times
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Faut-il se méfier des chinois ? Ils avancent très vite en IA et en technologie.