Telus cède 49,9 % de son réseau de tours à la Caisse pour 1,26 milliard $

Telus vient de conclure une entente majeure avec la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), lui cédant une participation de 49,9 % dans son réseau national de tours cellulaires pour 1,26 milliard de dollars. Cette transaction s’inscrit dans une tendance grandissante chez les télécoms canadiennes, qui cherchent à alléger leur endettement en monnayant leurs actifs d’infrastructure.

L’opération donne naissance à une nouvelle entité, Terrion, qui regroupera environ 3 000 tours situées en Colombie-Britannique, en Alberta, en Ontario et au Québec. La nouvelle société, évaluée à 2,5 milliards de dollars, sera majoritairement contrôlée par Telus, qui conservera 50,1 % des parts et deviendra locataire de ces installations pour une période initiale de huit ans.

Ce mouvement stratégique permet à Telus de réduire son endettement, qui atteignait 25 milliards $ au printemps. La société prévoit d’utiliser la totalité des fonds obtenus pour désengorger son bilan. La direction de Telus affirme que le partenariat avec la CDPQ a été préféré à des offres concurrentes, notamment d’OMERS, Brookfield et BCIMC, en raison de la rapidité d’exécution proposée par l’institution québécoise.

La CDPQ n’en est pas à ses premiers pas dans le secteur des infrastructures sans fil. Elle détient déjà des participations dans Vertical Bridge aux États-Unis, dans American Tower Europe et dans Connexa en Nouvelle-Zélande. Avec Terrion, elle renforce sa présence au Canada et entend profiter de la forte croissance de la demande en données mobiles, qui progresse de 20 à 30 % par an.

Eros Spadotto, ancien vice-président principal chez Telus, prendra les rênes de Terrion, dont le siège social sera établi à Montréal. La société pourra à terme accueillir d’autres clients que Telus, incluant potentiellement Rogers, Bell ou Vidéotron, si ces derniers décident de suivre la même voie.

Selon plusieurs analystes, cette transaction pourrait inciter d’autres joueurs à monétiser leurs propres infrastructures. Rogers et BCE détiennent respectivement 7 700 et 4 900 tours, et pourraient tirer plusieurs milliards de dollars en cas de vente. Le marché canadien des tours cellulaires entre ainsi dans une nouvelle phase de consolidation, pilotée par une logique financière et stratégique à long terme.

Source : Globe and Mail

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