
Malgré des plaintes croissantes concernant l’efficacité des publicités et la baisse de trafic vers leurs sites, les éditeurs et annonceurs n’envisagent toujours pas de délaisser Google. Si certains regrettent que leurs publicités n’apparaissent pas là où elles devraient ou que les recherches ne génèrent plus autant de clics, la plateforme reste incontournable faute d’alternative viable.
En dépit de l’essor de ChatGPT et des usages qui évoluent, la publicité sur Google continue de croître : au deuxième trimestre 2025, la firme a enregistré une hausse de 11,7 % de ses revenus publicitaires liés à la recherche. Pour les annonceurs, la baisse du référencement naturel est souvent compensée par une hausse du budget en publicité payante. Comme l’explique Richard Chandler de Stride, « quand le trafic organique diminue, la réaction réflexe, c’est de se rabattre sur le payant ».
Le problème, c’est que cette stratégie coûte de plus en plus cher. Calvin Nichols, de l’agence Wpromote, estime que plus de la moitié de ses clients ont vu leur trafic baisser cette année, souvent à deux chiffres, et beaucoup ont augmenté leurs investissements en publicité Google pour limiter les dégâts.
Pourtant, les résultats ne sont pas toujours au rendez-vous. Sam Tomlinson, de l’agence Warschawski, observe que les publicités qu’il achète pour une crème de nuit haut de gamme apparaissent souvent à côté de produits concurrents bas de gamme, réduisant leur efficacité. Selon lui, seule 60 % des annonces sont désormais placées dans les bons contextes, contre 80 à 90 % l’an dernier. Malgré tout, ses clients restent, car « même des résultats décevants sur Google valent mieux que sur d’autres plateformes ».
Ce décalage pourrait s’expliquer par un changement des habitudes de recherche : les internautes commenceraient leur exploration sur ChatGPT, puis arriveraient sur Google avec une idée plus précise de ce qu’ils veulent, réduisant l’efficacité des mots-clés génériques.
Même si certains espèrent que la justice américaine imposera à Google des changements majeurs – comme la dissociation de Chrome ou le partage de données avec des moteurs concurrents –, pour l’instant, le géant reste l’étape obligée pour qui veut être vu… ou cliqué.
Source : The Information
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