Au Mali, les robots écrivent 80 % des articles

Le 8 août 2025, au Centre International de Conférences de Bamako, l’Union des Journalistes Reporters du Mali (UJRM) a réuni journalistes, éditeurs et responsables institutionnels pour une journée de réflexion consacrée à l’intelligence artificielle et au journalisme. Organisée avec la Fondation Friedrich Ebert, cette rencontre visait à examiner les opportunités offertes par l’IA, automatisation, assistance à l’investigation, mais aussi les risques qu’elle fait peser sur l’intégrité de l’information.

Au cœur des échanges, un constat préoccupant : au Mali, certains articles de presse seraient aujourd’hui rédigés à plus de 80 % par des outils d’IA. Une pratique que l’UJRM juge excessive et contraire à l’éthique professionnelle. L’organisation propose de limiter cette contribution à 15 % maximum par article, et de signaler clairement toute utilisation de l’IA, même marginale, afin de préserver la transparence et la crédibilité des médias.

L’UJRM a également profité de cette rencontre pour sensibiliser les participants aux outils et logiciels d’IA pouvant soutenir le travail quotidien des journalistes sans en altérer la qualité. Des démonstrations ont montré comment certaines applications permettent, par exemple, de transcrire automatiquement des interviews ou de convertir des textes en contenus audio, offrant ainsi des gains de temps appréciables tout en laissant aux professionnels la maîtrise du fond et du style de leurs articles.

La réflexion s’inscrit dans un contexte international où l’usage de l’IA en rédaction progresse rapidement : selon un sondage cité durant la rencontre, la proportion de journalistes y recourant est passée de 17 % en 2024 à 53 % au premier semestre 2025. Les participants ont insisté sur la nécessité d’instaurer des garde-fous juridiques et éthiques pour éviter le plagiat, la perte de fiabilité et l’affaiblissement du rôle humain dans la production d’information.

Le ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, par la voix de son chef de cabinet Mohamed Ag Albachar, a salué l’initiative et promis un soutien à toute action visant à renforcer les capacités des journalistes et à lutter contre la désinformation. L’objectif affiché : promouvoir une information fiable, libre et responsable au service de la cohésion sociale et du développement du pays.

En proposant la création d’une charte nationale sur l’usage de l’IA, l’UJRM veut ouvrir un débat de fond sur le rôle des technologies dans le journalisme. Une démarche qui pourrait, à terme, inspirer d’autres pays confrontés à la même mutation rapide du paysage médiatique.

Source : Maliactu

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