
En France, la mort de Raphaël Graven, connu sous le pseudonyme de Jean Pormanove, a suscité une vive émotion et de nombreuses interrogations. Âgé de 46 ans, cet ancien militaire est décédé le 18 août dans les Alpes-Maritimes, alors qu’il participait à un marathon de diffusion en direct sur la plateforme Kick, qui s’étendait depuis plus de 298 heures. La retransmission a été coupée au moment où ses compagnons de diffusion ont constaté son décès.
Une enquête en recherche des causes de la mort a été ouverte par le parquet de Nice, qui a ordonné une autopsie. Les circonstances exactes du drame restent à déterminer. L’affaire prend d’autant plus de relief que, dans ses diffusions, Jean Pormanove apparaissait régulièrement maltraité par deux autres influenceurs, Owen Cenazandotti et Safine Hamadi. Les vidéos du groupe montraient des scènes de violences physiques et psychologiques, souvent encouragées par certains spectateurs.
Ces contenus, qui se présentaient comme humoristiques, étaient monétisés via des dons et abonnements. Lors du dernier direct, marqué par le décès de l’influenceur, plus de 36 000 euros avaient été collectés. Les agissements de cette équipe avaient déjà attiré l’attention de la justice en 2024, après un article de Mediapart. Une enquête préliminaire pour provocation à la haine, violences sur personnes vulnérables et diffusion d’images de maltraitance était alors en cours.
La mort de Jean Pormanove a remis en lumière des vidéos inquiétantes, dans lesquelles il se disait contraint d’accepter ces humiliations par nécessité financière. Sa santé fragile était connue de ses abonnés, et certains extraits montrent qu’il avait évoqué le sentiment d’être « séquestré ».
La ministre déléguée à l’intelligence artificielle et au numérique, Clara Chappaz, a dénoncé une « horreur absolue » et annoncé avoir saisi l’Arcom et la plateforme Pharos. Elle a rappelé que les plateformes en ligne ont une responsabilité légale dans la diffusion de contenus illicites. Kick, de son côté, s’est dite « profondément attristée » et a promis de coopérer avec les autorités pour éclaircir les circonstances du drame.
Ce décès relance le débat sur la régulation des plateformes de streaming, la monétisation de contenus violents et les limites d’un divertissement qui, ici, a tourné au tragique.
Source : Le Monde
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