
Meta a conclu un accord majeur avec Google Cloud, estimé à plus de 10 milliards de dollars sur six ans, selon des sources proches du dossier. Ce partenariat permettra à Meta d’utiliser les serveurs, le stockage, le réseau et les services de Google, incluant l’accès aux unités de traitement graphique (GPU) de Nvidia installées dans les centres de données du groupe. L’opération figure parmi les plus importantes de l’histoire de Google Cloud, lancé il y a 17 ans.
Cette alliance intervient alors que Mark Zuckerberg a récemment annoncé des investissements massifs, de l’ordre de centaines de milliards de dollars, pour renforcer l’infrastructure informatique de Meta et soutenir ses ambitions en intelligence artificielle. Le choix de Google illustre une stratégie multi-cloud : Meta utilise déjà les services d’Amazon Web Services, de Microsoft Azure, d’Oracle et de CoreWeave.
Pour Google, décrocher un tel contrat avec l’un de ses plus grands rivaux, qu’il s’agisse de publicité numérique, d’IA ou de réalité virtuelle et augmentée, constitue une victoire stratégique. Après avoir signé un partenariat cloud avec OpenAI plus tôt cette année, l’entreprise démontre sa capacité à convaincre des clients majeurs, y compris ceux qui sont traditionnellement en concurrence directe.
Cette dynamique s’appuie aussi sur les performances de son modèle Gemini 2.5 et d’autres solutions différenciantes qui attirent de plus en plus de jeunes pousses en IA. La croissance de Google Cloud, couplée à l’amélioration de ses marges, contribue par ailleurs à la solidité du titre boursier d’Alphabet.
De son côté, Meta poursuit l’expansion de ses propres infrastructures, comme en témoigne l’inauguration récente d’un nouveau centre de données à Kansas City, financé par un investissement d’un milliard de dollars. Mais en diversifiant ses fournisseurs, l’entreprise espère à la fois accroître sa résilience technologique et disposer d’un meilleur pouvoir de négociation sur les coûts.
L’accord entre Meta et Google pourrait aussi avoir des implications géopolitiques. Alors que les géants américains de la tech sont scrutés par les régulateurs en Europe et aux États-Unis, la mutualisation de leurs infrastructures risque d’alimenter de nouveaux débats sur la dépendance des plateformes à un petit nombre d’acteurs du cloud. Certains analystes estiment que ce type d’alliance pourrait renforcer les critiques sur la concentration du marché et sur la difficulté pour des fournisseurs plus petits d’exister face à ces mastodontes.
En parallèle, cet accord reflète une tendance de fond : l’IA devient un levier central de négociation et de collaboration entre entreprises rivales. Les besoins massifs en calcul pour entraîner et déployer des modèles génératifs obligent les firmes à rechercher des solutions pragmatiques, quitte à collaborer avec des concurrents directs. Dans ce contexte, la relation entre Google et Meta pourrait servir de modèle à d’autres alliances inattendues dans le secteur technologique.
Avec cet accord, Meta rejoint Apple, OpenAI et Salesforce parmi les clients les plus stratégiques de Google Cloud. L’entente illustre une nouvelle phase de consolidation dans le secteur du cloud, où même les plus grands acteurs choisissent désormais de répartir leurs ressources entre plusieurs partenaires technologiques.
Source : AFP, The Information
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