
Anthropic a conclu un accord à l’amiable avec un groupe d’auteurs américains qui l’accusaient d’avoir utilisé illégalement leurs ouvrages pour entraîner ses modèles d’intelligence artificielle. L’entente, révélée mardi dans un dépôt judiciaire, met fin à une action collective qui menaçait l’entreprise de San Francisco de milliards de dollars en dommages potentiels.
Les auteurs Andrea Bartz, Charles Graeber et Kirk Wallace Johnson avaient intenté une poursuite en 2024, soutenant qu’Anthropic avait téléchargé illégalement des millions de livres à partir de bibliothèques pirates comme Books3, Library Genesis et Pirate Library Mirror, afin de nourrir son assistant Claude. Le juge fédéral William Alsup avait estimé que l’entraînement des modèles constituait un usage « transformateur » et relevait du fair use, mais que la copie massive de livres piratés demeurait une violation du droit d’auteur.
En juin, le magistrat avait accordé le statut de recours collectif, élargissant la portée du litige à tous les auteurs concernés. Le procès, prévu pour décembre, devait déterminer l’ampleur des dommages, qui pouvaient atteindre 150 000 $ par œuvre en cas de violation délibérée.
Le règlement, dont les détails financiers n’ont pas encore été dévoilés, doit être approuvé par la cour d’ici le 5 septembre. « Cet accord historique bénéficiera à l’ensemble des membres du recours collectif », a affirmé l’avocat des auteurs, Justin Nelson, promettant davantage d’informations dans les prochaines semaines.
Anthropic, fondée par d’anciens employés d’OpenAI et soutenue par Amazon et Alphabet, n’a pas commenté publiquement l’affaire. L’entreprise avait tenté en vain d’obtenir un sursis en appel au début du mois.
Ce règlement marque un tournant : c’est la première fois qu’une entreprise d’IA conclut une entente dans ce type de poursuite. Pour certains juristes, l’issue pourrait influencer les nombreuses autres affaires en cours, visant notamment OpenAI, Microsoft, Meta, Midjourney ou encore Stability AI, toutes accusées d’avoir utilisé des œuvres protégées sans autorisation.
En toile de fond, ces poursuites mettent en lumière le dilemme central de l’industrie : concilier l’énorme besoin de données pour entraîner les systèmes d’IA et le respect du droit d’auteur. Un enjeu qui devrait alimenter les débats juridiques et réglementaires dans les mois à venir, bien au-delà de l’affaire Anthropic.
Source : LA Times, Hollywood Reporter, Reuters
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