Meta muscle son influence politique avant la course au gouverneur

Meta a décidé de franchir un nouveau cap dans son engagement politique en Californie en lançant un super PAC destiné à soutenir des candidats favorables à une régulation allégée de l’intelligence artificielle et des médias sociaux. Baptisé Mobilizing Economic Transformation Across California, ce comité devrait disposer de dizaines de millions de dollars, plaçant le géant de Menlo Park parmi les acteurs les plus influents du financement électoral dans l’État.

L’initiative vise à appuyer des candidats de tous bords, pourvu qu’ils défendent l’innovation technologique avant d’imposer des contraintes réglementaires. Brian Rice, vice-président aux affaires publiques de Meta, justifie cette démarche par la crainte que Sacramento ne freine l’élan de la Silicon Valley en imposant des normes jugées trop strictes, notamment sur la transparence et la sécurité des modèles d’IA. L’entreprise a déjà dépensé plus d’un demi-million de dollars en lobbying au printemps pour infléchir des projets de loi en ce sens.

Meta n’est pas seule sur ce terrain. Plusieurs autres géants et investisseurs technologiques musclent leur présence politique en Californie. Airbnb a doté son propre PAC de 15 millions de dollars, tandis qu’un réseau baptisé Leading the Future, soutenu par Andreessen Horowitz, Greg Brockman (OpenAI), Perplexity, Joe Lonsdale et Ron Conway, a annoncé un fonds de 100 millions. Objectif : contrer l’influence croissante des partisans d’une régulation stricte de l’IA et s’inspirer du modèle Fairshake, qui avait déjà permis aux acteurs de la cryptomonnaie de peser sur des scrutins clés.

Cette mobilisation marque une intensification de la bataille entre deux visions de l’avenir technologique : d’un côté, des entreprises et investisseurs misant sur un cadre souple pour maintenir l’avance américaine dans l’IA et l’économie numérique, de l’autre, des chercheurs et associations plaidant pour des garde-fous plus solides afin de prévenir les dérives. Avec la course au poste de gouverneur de Californie en 2026 en ligne de mire, la confrontation entre innovation et régulation promet de s’inviter au cœur du débat électoral.

Meta, qui s’est longtemps concentrée sur Washington pour défendre ses intérêts, s’investit désormais directement dans les batailles locales. La Californie, berceau de la Silicon Valley, est devenue un laboratoire de lois ambitieuses sur l’IA et la protection des jeunes en ligne. En s’impliquant plus ouvertement dans les campagnes électorales, Meta cherche à se donner un levier direct sur les décideurs qui auront à voter ces mesures au niveau de l’État. L’entreprise n’exclut pas d’intervenir dans la course au poste de gouverneur, un scrutin où les géants du numérique se sont jusqu’ici tenus à l’écart.

En parallèle, les voix favorables à une approche plus stricte de l’IA s’organisent elles aussi. Des chercheurs renommés comme Geoffrey Hinton et Yoshua Bengio mettent en garde contre les risques d’une innovation non encadrée et soutiennent des initiatives comme Californians for Responsible Artificial Intelligence, un PAC qui défend des projets de loi renforçant la transparence et la sécurité des systèmes. La confrontation entre ces deux camps, chacun disposant désormais de moyens financiers considérables, pourrait transformer les prochaines élections californiennes en un test grandeur nature de l’influence politique de l’industrie technologique.

Source : Politico, Fortune, Silicon Angle

++++

Tous les jours de la semaine, du lundi au vendredi, Bruno Guglielminetti vous propose un regard sur l’essentiel de l’actualité numérique avec 120 secondes de Tech.


En savoir plus sur Mon Carnet

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire