Isolement numérique : Israël et Musk maintiennent Gaza et la Cisjordanie hors ligne

Credit : ChatGPT

La journaliste Alice Moreno de France Info a récemment consacré un reportage aux inégalités d’accès à internet entre Israéliens et Palestiniens, mettant en lumière le rôle de Starlink, le réseau satellitaire d’Elon Musk. Alors que ce service, lancé il y a un an et demi dans la région, permet une connexion haut débit dans des zones difficiles d’accès, il reste limité au territoire israélien tel que défini en 1967, excluant de facto la Cisjordanie et la bande de Gaza. Une décision perçue par plusieurs Palestiniens comme une confirmation de l’alignement des intérêts américains et israéliens.

Dans les faits, les infrastructures de communication restent très inégalitaires. Gaza doit se contenter d’un réseau 2G instable, souvent interrompu depuis les événements du 7 octobre, tandis que la Cisjordanie n’accède qu’à une 3G peu fiable. Israël, de son côté, bénéficie déjà d’une couverture 5G performante, creusant davantage l’écart technologique. À Ramallah, capitale administrative palestinienne, les communications demeurent relativement accessibles, mais ailleurs, des villes comme Naplouse ou Jénine connaissent des coupures fréquentes. Pour contourner ces limites, certains habitants s’équipent de deux téléphones, l’un palestinien et l’autre israélien, un choix coûteux et contraignant.

Ces disparités s’expliquent par le contrôle exercé par Israël sur les ondes et les fréquences depuis les accords d’Oslo. Ce monopole contribue à l’isolement numérique des territoires palestiniens et soulève des enjeux de sécurité. En effet, un réseau limité à la 3G reste plus vulnérable aux intrusions et aux logiciels espions, facilitant la collecte de données privées. Pour de nombreux Palestiniens, cette situation ne se résume pas à un simple problème technique : elle s’inscrit dans une logique de domination qui accentue leur mise à l’écart du monde connecté.

La décision d’Elon Musk de restreindre l’usage de Starlink aux frontières israéliennes interroge également sur la neutralité des grandes entreprises technologiques dans des zones de conflit. Alors que l’argument avancé est celui du respect des cadres réglementaires en vigueur, cette position contribue, volontairement ou non, à renforcer les déséquilibres déjà existants. Plusieurs organisations de défense des droits numériques rappellent que l’accès à internet est désormais considéré comme un droit fondamental, et que priver une population entière de moyens de communication modernes revient à fragiliser encore davantage son autonomie et sa capacité à témoigner.

Dans ce contexte, la fracture numérique devient une arme stratégique. En limitant la connectivité des territoires palestiniens, Israël conserve un levier de contrôle non seulement sur les communications, mais aussi sur l’accès à l’information et sur la circulation des récits dans l’espace public mondial. Pour les habitants de Gaza et de Cisjordanie, l’isolement numérique n’est pas seulement une contrainte technique, mais un obstacle qui affecte leur quotidien, leur sécurité et leur rapport au monde extérieur.

Source : France Info

++++

Tous les jours de la semaine, du lundi au vendredi, Bruno Guglielminetti vous propose un regard sur l’essentiel de l’actualité numérique avec 120 secondes de Tech.


En savoir plus sur Mon Carnet

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire