
Le pari de Mark Zuckerberg sur l’intelligence artificielle supergénérale connaît déjà des turbulences. À peine deux mois après l’annonce en grande pompe de son laboratoire de superintelligence (MSL), au moins trois chercheurs recrutés à prix d’or ont quitté Meta, selon Wired. Avi Verma et Ethan Knight, anciens d’OpenAI, ont rapidement fait le chemin inverse après moins d’un mois chez Meta. Rishabh Agarwal, ex-Google Brain et DeepMind, a lui aussi annoncé son départ, évoquant la volonté de « prendre un autre risque » après 7 ans dans la recherche en IA.
Ces départs s’ajoutent à celui de Chaya Nayak, directrice de la gestion produit pour l’IA générative, qui rejoint à son tour OpenAI pour des « initiatives spéciales ». Un signal fort que la nouvelle structure de Meta peine à retenir les talents malgré des salaires mirobolants, comparés à ceux de sportifs professionnels.
Meta, qui a multiplié les réorganisations internes et créé quatre divisions distinctes en IA, semble souffrir de lourdeurs bureaucratiques et de tensions de recrutement. La nomination de Shengjia Zhao, ancien d’OpenAI impliqué dans la création de ChatGPT, au poste de directeur scientifique du MSL visait à stabiliser l’équipe, mais son parcours – marqué par une tentative avortée de retour à OpenAI – illustre les rivalités et l’instabilité qui secouent le secteur.
Pour accélérer ses projets, Meta a également signé un accord de collaboration technique avec Midjourney, spécialiste de l’image et de la vidéo générées par IA. Cette alliance suggère que la création de contenus visuels – et leur monétisation sur Facebook et Instagram – pourrait devenir un axe prioritaire pour l’entreprise.
Face à cette offensive, OpenAI avait exprimé sa nervosité. Sam Altman avait dénoncé les pratiques « de mauvais goût » de Meta, affirmant que le réseau social avait tenté à plusieurs reprises de recruter son futur scientifique en chef. Mais selon des informations récentes, Meta aurait ralenti son frénétique recrutement, laissant entrevoir un refroidissement de ses ambitions immédiates.
Ce coup de frein survient alors que la bataille pour l’intelligence artificielle dite « générale » s’intensifie entre OpenAI, Google, Anthropic, xAI et désormais Meta. Les premiers revers du MSL rappellent qu’au-delà des salaires astronomiques, fidéliser les chercheurs et créer un environnement stable sont devenus des enjeux stratégiques dans cette nouvelle guerre des talents.
Source : Wired
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