
La professeure de droit de l’Université de Montréal, Catherine Regis, en compagnie de la doctorante Marie Zumstein et sa collègue Karine Gentelet, viennent de produire un rapport qui explore l’enjeu de l’alignement entre l’intelligence artificielle et les Objectifs de développement durable (ODD), ainsi que les pistes d’action possibles à cet égard.
Ce travail, disponible sur le site de l’OBVIA, s’inscrit dans la réflexion internationale lancée en 2015, lorsque l’ONU a adopté les 17 ODD visant à atteindre d’ici 2030 un équilibre entre économie, inclusion sociale et protection de l’environnement. Or, alors que l’IA s’est développée de façon accélérée et inégale à travers le monde, elle soulève autant de promesses que de risques pour les sociétés. L’absence d’indicateurs globaux permettant de vérifier si son évolution sert réellement le bien commun justifie d’explorer l’idée d’arrimer son développement au cadre universel des ODD.
Le rapport souligne que l’IA peut contribuer à l’atteinte de 70 à 80 % des ODD, en santé, en éducation ou dans la lutte contre les changements climatiques. Mais elle peut aussi accentuer les inégalités et menacer les droits fondamentaux. Pour l’ONU, il devient essentiel de dépasser les simples codes éthiques en intégrant la gouvernance de l’IA dans l’Agenda 2030.
Trois constats soutiennent cette démarche : les impacts transversaux de l’IA et des ODD sur tous les secteurs de la société, le caractère multipartite qui mobilise États, entreprises, chercheurs et société civile, et enfin leur dimension interdisciplinaire. C’est cette convergence qui rend pertinente la création d’un cadre d’évaluation universel inspiré des ODD.
Le rapport propose que les mécanismes existants de suivi de l’ONU, comme le Forum politique de haut niveau, exigent des États qu’ils documentent l’impact de l’IA sur la réalisation des ODD. Des indicateurs adaptés pourraient mesurer, par exemple, combien de systèmes d’IA contribuent à réduire la mortalité maternelle, promouvoir l’égalité des genres ou soutenir les partenariats scientifiques internationaux.
Parmi les recommandations, l’OBVIA plaide pour l’élaboration d’indicateurs spécifiques à l’IA, harmonisés au plan international, afin de mesurer ses effets réels sur la société et sur l’environnement. Il appelle également à renforcer la coopération Nord-Sud, à intégrer les droits humains dans tout le cycle de vie de l’IA et à assurer la cohérence entre stratégies d’IA et politiques de développement durable.
En somme, le rapport invite à concevoir l’IA non seulement comme une technologie, mais comme un levier à orienter vers le bien commun, à la croisée des impératifs sociaux, économiques et écologiques.
Source : OBVIA
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