Google plaide pour une régulation de l’IA « ciblée, alignée et équilibrée »

Lors d’une rencontre récente avec des représentants de Google, l’entreprise a présenté sa vision de la régulation de l’intelligence artificielle. Selon l’entreprise, l’IA est « trop importante pour ne pas être régulée », mais elle doit l’être de manière intelligente afin de maximiser ses bénéfices tout en encadrant ses risques.

Le géant américain propose ce qu’il appelle le cadre FAB – pour Focused, Aligned, Balanced. Concrètement, Google recommande que la régulation soit ciblée sur les usages plutôt que sur la technologie elle-même. « Les risques liés à l’IA sont spécifiques au contexte », a rappelé une source de l’équipe politique de Google, en citant l’exemple des lois antidiscrimination déjà existantes qui s’appliquent tout autant aux systèmes automatisés qu’aux pratiques traditionnelles.

L’entreprise souligne également l’importance d’une régulation alignée entre pays et régions. Google appelle à une harmonisation internationale, en s’appuyant sur des normes techniques comme celles développées par l’Organisation internationale de normalisation (ISO). Une telle convergence, selon la société, permettrait aux développeurs d’appliquer des standards communs et d’éviter des règles disparates d’un marché à l’autre.

La dimension équilibrée repose, elle, sur une approche fondée sur les risques. Google estime que certains usages à haut risque, comme l’IA médicale ou les véhicules autonomes, ne doivent pas être interdits par principe, mais encadrés pour réduire les dangers. L’exemple de Waymo, filiale de Google, est cité comme preuve que des technologies complexes peuvent devenir plus sûres que les pratiques humaines lorsqu’elles sont suffisamment développées et surveillées.

Au-delà de la théorie, Google affirme travailler sur des solutions concrètes pour répondre aux préoccupations de désinformation. L’entreprise met de l’avant SynthID, un système de filigrane invisible intégré aux contenus générés par ses modèles Gemini, destiné à aider à l’identification des productions artificielles. Toutefois, une source chez Google reconnaît que la frontière reste mince entre un usage créatif et une manipulation malveillante, et que des couches combinées de technologies, de politiques et de lois seront nécessaires.

Sur le plan environnemental, Google admet que l’IA exerce une forte pression énergétique, mais dit miser à la fois sur l’efficacité logicielle et matérielle, ainsi que sur des efforts pour contribuer positivement aux réseaux électriques. L’entreprise a récemment publié une formule de référence pour mesurer la consommation énergétique de l’IA, saluée par certains experts comme un pas vers une plus grande transparence.

Enfin, lorsqu’on lui demande quels modèles internationaux s’approchent le plus de sa vision, Google cite Singapour et le Japon, qui combinent prudence, ouverture à l’innovation et volonté d’adapter leurs stratégies à mesure que la technologie évolue. Concernant le Canada, Google estime que le pays semble s’orienter vers une approche semblable, en prenant le temps de réfléchir à un cadre qui protège la population tout en stimulant l’innovation.

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